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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 00:00

  Jean-Mathieu Philibert Sérurier

né à Laon en 1742

 

Entré au service, en 1755, comme lieutenant de la milice de cette ville; il est l’un des généraux français qui ont acquis une gloire irréprochable dans les campagnes de la Révolution et principalement dans les campagnes d’Italie.

 

Commandant de Venise en 1797; inspecteur général d’infanterie l’année suivante ; gouverneur de Lucques en 1799; prisonnier de Suwarow, à Verderin, le 28 avril 1799; sénateur après le 18 brumaire, auquel il prit une grande part; vice-président du sénat en 1802; préteur du sénat en 1803; maréchal d’empire en 1804 et commandant de la garde nationale de Paris; gouverneur des Invalides pendant toute la durée du gouvernement impérial; pair de France à la Restauration et pendant les Cent-Jours, et en conséquence exclu de la chambre haute à la seconde Restauration; remplacé dans le gouvernement des Invalides par le duc de Coigny.


Le maréchal Serrurier est mort le 21 décembre 1819.

« Serrurieur, né dans le département de l’Aisne, était major d’infanterie à l’époque de la Révolution ; il avait conservé toutes les formes et la rigidité d’un major.Il était fort sévère sur la discipline et passait pour aristocrate, ce qui lui a fait courir bien des dangers au milieu des camps, et surtout dans les premières années.Il a gagné la bataille de Mondovi et pris Mantoue.Il a eu l’honneur de voir défiler devant lui le maréchal Wurmser.Il était brave, intrépide de sa personne, mais peu heureux.

Il avait moins d’élan que Masséna et Augereau ; mais il les dépassait par la moralité de son caractère, la sagesse de ses opinions politiques et la sûreté de son commerce.

Il eut l’honorable mission de porter au Directoire les drapeaux pris au prince Charles » (MONTHOLON)

« Serrurier et Hédouville cadet marchaient de compagnie pour émigrer en Espagne ; une patrouille les rencontre ; Hédouville, plus jeune, plus leste, franchit la frontière et va végéter misérablement en Espagne. Serrurier, obligé de rebrousser dans l’intérieur, et s’en désolant, devint maréchal, exemple bien singulier du hasard sur les destinées des hommes » (LAS CASES)

 

Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850, C. Mullié

 

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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 00:00

Exécution de Michel Ney

De retour à Paris après la bataille de Waterloo, Ney reçoit de Fouché des passeports pour quitter la France. Le même Fouché insère son nom sur la liste des ennemis de la royauté: il est proscrit le 6 juillet par le gouvernement royal. Finalement, Ney ne part pas et se réfugie chez des amis. Le 3 août, il est arrêté, après une fuite rocambolesque, puis incarcéré à la conciergerie. Le conseil de guerre désigné pour le juger se déclare incompétent. Moncey montre toute sa noblesse d'esprit en refusant de prendre part à cette mascarade de procés. Il en sera puni...Maladroit, Ney souhaite vivement être jugé par la chambre des pairs qu'il espère indulgente, non par une simple chambre de maréchaux. Malgré la déposition de Davout qui plaide en sa faveur, il est condamné à mort, le 6 décembre. Ses propres compagnons d'armes seront de ceux qui le condamneront: Maison, Latour-Maubourg, Sérurier, Kellermann, Pérignon, Lauriston. D'autres auront le courage de le défendre comme Fontanes, Curial, Laubat, etc. Le roi ayant refusé sa grâce, l'exécution a lieu le 7 décembre, au matin, dans la clairière de la closerie des Lilas, prés de l'observatoire. Refusant de se laisser bander les yeux, il lance au peloton: "Ignorez-vous que depuis 25 ans j'ai l'habitude de regarder en face les balles et les boulets ?" Son corps est transféré au père Lachaise, le 8 Décembre. En 1853, le 7 décembre, le gouvernement fait élever une statue sur le lieu de l'exécution...

 

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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 00:00

Jean-Isidore Harispe

né le 5 décembre 1768, à Saint-Etienne-dé-Baygorry (Basses-Pyrénées). Son père était un riche propriétaire basque, il fit élever son fils chez un curé. Le jeune Harispe servit d’abord en qualité de volontaire en 1792 ; élu en 1793 commandant d’une compagnie franche recrutée chez les Basques ; il se distingua à l’armée d’Espagne, passa en Italie en 1800 et fit la campagne de 1806 comme colonel des chasseurs basques, devenus 16ème demi-brigade. Blessé grièvement à Iéna, il fut nommé général de brigade dans la même campagne. Placé sous les ordres du maréchal Lannes, il combattit glorieusement à Gudstadt, Heilsberg et Friedland, où il fut atteint d’un coup de mitraille. En 1808, il entra en Espagne en qualité de chef de l’état-major du maréchal Moncey et s’y rendit célèbre autant par des actes d’une éclatante bravoure, que par des talents stratégiques et toutes les qualités qui distinguent les généraux en chef. Il assista à la bataille de Tudela, aux sièges de Saragosse et de Lérida, etc. Nommé général de division le 12 octobre 1810, il se distingua sous les murs de Tarragone, contribua puissamment en 1811 à la conquête du royaume de Valence, se couvrit de gloire à la tête de sa division, à la bataille de Sagonte et à vingt autres combats, et fut créé comte de l’Empire le 3 janvier 1813. En 1814, il était sous les ordres de Soult, et quand l’armée commença sa marche rétrograde, il défendit le terrain pied à pied. Pendant la retraite de la Bidassoa, Harispe, avec sa division affaiblie par des pertes nombreuses, résista à toute l’armée anglaise, la chassa de Saint-Jean-Pied-de-Port et de Baygorry, son village natal, battit en brèche sa maison paternelle, le château d’Echaux, occupée par Mina avec 6.000 hommes, força le chef espagnol à l’évacuer en n’y laissant que les quatre murailles, puis se jeta dans les Pyrénées, souleva les habitants au nom de la patrie en danger et repoussa plusieurs fois avec succès les tentatives d’invasion. A Orthez, le 27 février, il contint une division portugaise ; le 20 mars, il combattit à Tarbes. Le 10 avril, à Toulouse, où Soult l’avait chargé de défendre les hauteurs du Calvinet, dont les redoutes étaient à peine achevées, il se battit jusqu’à la dernière extrémité et eut le pied fracassé par un boulet. Il dut souffrir l’amputation et resta blessé et prisonnier à Toulouse ; il reçut de Wellington et autres chefs ennemis des témoignages de la plus haute considération. En 1815, l’Empereur lui confia de nouveau la défense des Pyrénées. Pendant la Restauration, le général Harispe fût créé chevalier de Saint-Louis et appelé au commandement de la 15ème division militaire. Au mois de mars 1815, il prit celui de la 1ère division de l’armée des Basses-Pyrénées, chargée de surveiller, entre Bayonne et Saint-Jean-Pied-de-Port, la frontière menacée par les Espagnols. Après la seconde abdication de l’Empereur, au moment où les Espagnols se disposaient à pénétrer sur notre territoire, Harispe se mit à la tête des gardes nationales du pays et de ses intrépides chasseurs basques et arrêta le mouvement des Espagnols. Après le licenciement, il se retira dans son château de Lacarre, près de Saint-Jean-Pied-de-Port, fut député durant les sessions de 1831 et 1834, membre du Conseil général des Basses-Pyrénées, Pair de France le 15 décembre 1825, commandant de la 20ème division militaire (Bayonne). Il entra de droit au Sénat du Second Empire en janvier 1852. Il est décédé le 26 mai 1855 à Lacarre.  Son nom est inscrit sur l’arc de triomphe de l’Étoile, côté Ouest.

 

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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 00:00

  Maréchal Victor

Duc de Bellune

né le 7 décembre 1764, à la Marche (Vosges), entra au service comme soldat dans le 4e régiment d’artillerie le 16 octobre 1781 ; il y demeura jusqu’au 1er mars 1791, époque à laquelle il obtint son congé absolu, moyennant la somme fixée par les ordonnances, et s’établit à Valence (Drôme)

Il fit partie de la Garde nationale de cette ville comme grenadier, et, le 21 février 1792, il fut nommé adjudant sous-officier par le 3e bataillon des volontaires de la Drôme, dans lequel il servit en cette qualité jusqu’au 4 août, époque de sa promotion au grade d’adjudant-major capitaine dans le 5e bataillon des Bouches-du-Rhône.

Chef de bataillon au même corps le 15 septembre suivant, il alla rejoindre l’armée d’Italie avec laquelle il fit les campagnes de 1792 et 1793.

Il était avec son bataillon fort de 600 hommes environ au village de Coaraza, dans le comté de Nice, lorsque 3.000 Piémontais et un régiment d’émigrés vinrent l’attaquer avec fureur.

Il se défendit courageusement, et, à la suite d’un combat de plusieurs heures, il força l’ennemi de se retirer après avoir éprouvé des pertes considérables. Ce fait d’armes remarquable fut mis à l’ordre de l’armée.


Après ces deux campagnes, Victor fut envoyé au siège de Toulon, où, à sou arrivée, on lui donna le commandement d’un bataillon de chasseurs à la tête duquel il rendit d’importants services.

Dans la nuit du 10 au 11 frimaire an II, avec 800 hommes, il enleva les redoutes et les retranchements qui couronnent la montagne du Pharon et passa au fil de l’épée la plus grande partie des troupes qui les défendaient. Le 11, il soutint avec succès un combat de six heures contre 6.000 hommes, et, malgré son infériorité numérique, il conserva le poste qui lui avait été confié. Sa conduite dans cette journée fut appréciée par les représentants du peuple Salicetti et Gasparin, qui le nommèrent adjudant-général chef de brigade sur le champ de bataille.

Il fut immédiatement chargé du commandement des troupes formant la division de droite de l’armée de siège, et ce fut lui qui prépara et disposa l’attaque de la fameuse redoute anglaise l’Eguillette, dite le Petit-Gibraltar.

Il marcha à la tête des grenadiers le 28 frimaire an II, y pénétra avec eux et s’en rendit maître quoique blessé grièvement de deux coups de feu.

La prise de ce poste important, défendu avec la plus grande intrépidité par les Anglais, contribua beaucoup à celle de Toulon.

Après la reddition de cette place, les représentants Salicetti, Barras, Fréron et Ricord, le nommèrent provisoirement général de brigade, par arrêté du 30 du même mois.

À peine guéri de ses blessures, il fut employé à l’armée des Pyrénées-Orientales, où il fit les guerres des ans II et III.

Chargé d’une fausse attaque sur Espolla, par le col de Bagnols, le 27 brumaire an III, il la dirigea avec une grande habileté et concourut à la prise des retranchements de cette place et de ceux de Saint-Clément.

Il assista aux sièges et aux diverses attaques du fort Saint-Elme et de Collioure, et fut ensuite chargé de la surveillance des travaux à faire à ces deux places, de l’établissement des batteries des côtes et de la garde des frontières d’Espolla et de Roses.

Il commandait une brigade au siège de cette dernière ville, et se trouva à sa capitulation le 13 nivôse an III.

Confirmé dans son grade de général de brigade, par arrêté du gouvernement du 25 prairial de la même année, il passa à l’armée d’Italie en l’an IV et y fit la guerre jusqu’en l’an IX.

Le 10 vendémiaire an IV, l’avant-garde ennemie avait pris position sur un mamelon, en face de Borghetto, et avait commencé à s’y retrancher pour y élever des batteries de gros calibre.

Le général Masséna, qui s’en était aperçu, ordonna au général Victor, commandant la 1re subdivision de droite, de chasser l’ennemi de ses positions et de détruire ses ouvrages.

Dans la nuit du 10 au 11, Victor fit entourer le mamelon par deux colonnes, tandis que 100 grenadiers et 200 chasseurs, placés en observation, devaient empêcher les secours d’arriver.

Le mamelon fut enlevé, nos soldats sautèrent dans les retranchements et tuèrent tout ce qui s’y trouvait.

Quelques hommes seulement se sauvèrent à la faveur de la nuit. Les retranchements furent abattus, et on ramena quelques prisonniers.

Les 1er, 2 et 3 frimaire suivant, il contribua à la défaite des Autrichiens et des Piémontais à Loano et sur le Tanaro ; le 25 germinal, à celle du général Provéra, au château de Cossaria, et, le 27 du même mois, à la déroute du général Wukassowick à Dégo.

Le 19 thermidor, au combat de Peschiéra, le général Victor, à la tête de la 18e demi-brigade, culbuta l’ennemi sur tous les points et lui enleva 12 pièces de canon.

Le 18 fructidor an IV, au combat de San-Marco, avec la même demi-brigade, il perça la ligne ennemie par le grand chemin ; la résistance fût longue et opiniâtre ; pendant ce temps, le général Vaubois attaquait le camp de Mori ; après deux heures d’un combat acharné, l’ennemi plie partout : le général Victor entre alors, au pas de charge, dans la grande rue de Roveredo, et les Autrichiens évacuent la place, en laissant une grande quantité de morts et de prisonniers.

Le 25 du même mois, il fut envoyé avec sa brigade, pour compléter sur la rive droite de l’Adige l’investissement de Porto-Legnano, que le général Augereau cernait déjà sur la rive gauche et qui capitula le 27.


À l’affaire qui eut lieu le 29, le général Victor culbuta les troupes qui couvraient Saint-Georges et entra dans ce faubourg pêle-mêle avec elles. Cette circonstance donna lieu à un beau fait d’armes. Un bataillon de la 18e fut chargé par deux escadrons de cavalerie autrichienne ; non-seulement nos braves soldats soutinrent avec beaucoup de résolution cette charge impétueuse, mais ils poussèrent à leur tour les cavaliers avec tant de vigueur que tous ceux qui ne furent pas tués ou blessés mirent bas les armes et se rendirent prisonniers.


À l’affaire de Cerea, l’armée française était vigoureusement pressée par le général Wurmser ; Victor, avec un bataillon de grenadiers, rétablit le combat, dégagea l’armée, repoussa les ennemis, fit un grand nombre de prisonniers et reprit les canons qui nous avaient été enlevés. — Le 27 pluviôse an V, il partagea la gloire de l’armée et le succès qu’elle obtint à la bataille de Saint-Georges, où il fut blessé, et il contribua puissamment, à la tête des 18e et 57edemi-brigades, au gain de celle de la Favorite, où il fit mettre bas les armes à la division Provéra, forte de 7.000 hommes.

Le général en chef Bonaparte, satisfait de la conduite de Victor dans ces deux actions, le nomma provisoirement général de division sur le champ de bataille, et il en rendit compte au Directoire qui confirma cette nomination par son arrêté du 20 ventôse suivant. Immédiatement après l’affaire de la Favorite, le général Victor marcha sur Bologne avec un corps de troupes que suivit bientôt une réserve de grenadiers sous les ordres du général Lannes. Il s’empara d’Imola et se porta ensuite sur le Senio où s’étaient retranchés 3 à 4.000 hommes des troupes du pape ; l’engagement ne fut pas de longue durée ; les Romains furent culbutés et mis en déroute au premier choc : on leur tua 4 à 500 hommes, et on leur enleva huit drapeaux, 14 pièces de canon et plusieurs caissons chargés de munitions. L’ennemi qui s’était réfugié dans Faënza, en ouvrit les portes aux Français dès qu’ils se présentèrent. Le général Victor continua sans obstacles sa marche sur Ancône. Il parut devant cette place le 21 pluviôse an V, et s’en empara sans coup férir. On y trouva 120 bouches à feu et plus de 4.000 fusils. Lors de l’insurrection des États de Venise, il alla se réunir au général Kelmaine qui était à Vérone. Il se porta ensuite sur Vicence, et le 9 floréal ses troupes campèrent devant Trévise et Padoue. Lorsque l’armée se trouva réunie dans les provinces de terre ferme, Victor rétrograda sur l’Adige et prit position le long de cette rivière.

Pendant que ces événements se passaient à l’extérieur, les manœuvres royalistes du parti Clichien avaient été déjouées à l’intérieur, et des adresses de félicitations arrivaient de toutes parts au gouvernement. Nous empruntons au Moniteur du 26 thermidor an V l’adresse ridiculement déclamatoire que le général Victor, commandant la 8e division de l’armée d’Italie, fit alors parvenir au Directoire exécutif : « En écoutant le cri de nos cœurs, nous nous faisons un devoir de vous exprimer notre juste indignation. Quoi ! la République triomphante par ses armées de tous les efforts des despotes coalisés, est insultée, trahie et plus exposée que jamais ? Quoi ! après avoir forcé nos ennemis extérieurs à nous demander une paix qui nous couvre de gloire, toutes les lois constitutionnelles, pour lesquelles nous avons versé tant de sang, seraient anéanties ? Pensent-ils, ces implacables ennemis de nos concitoyens, que les armées n’existent plus ? Où ont-ils pu s’imaginer qu’elles resteraient tranquilles spectatrices de leurs forfaits ? Plutôt mille fois mourir !!! Les vertueux patriotes persécutés, assassinés ; les prêtres protégés, sonnant partout le tocsin de la discorde et de la guerre ; les royalistes levant leurs têtes criminelles, provoquant le meurtre et l’assassinat ; les émigrés, dégouttant encore du sang de nos frères d’armes, rentrant en foule pour partager des crimes dont l’horreur fait frémir, font des atrocités que ceux qui combattent depuis six ans pour conquérir leurs droits ne peuvent plus tolérer !!! Oui, nous jurons guerre impitoyable à tous les ennemis de la liberté, de la République et du gouvernement !!! Nous voulons que les lois constitutionnelles soient respectées, exécutées, et qu’elles frappent sans pitié tous les ennemis de notre juste cause. Il est temps d’apporter un terme à l’excès de leurs abominations. Plus d’indulgence, plus de demi-mesure : la République ou la mort. »

Après le traité de paix conclu à Campo-Formio, le 26 vendémiaire an VI, le général Victor rentra en France. Il fut employé à l’armée d’Angleterre le 23 nivôse, passa au commandement de la 2e division militaire (Nantes) le 27 ventôse, et retourna à l’armée d’Italie le 14 floréal de la même année. Vers cette époque, le général Bonaparte, commandant en chef de l’armée expéditionnaire d’Orient, lui écrivait de Toulon : « Lorsque vous recevrez cette lettre, je serai à l’extrémité de la Méditerranée. Vous deviez venir avec moi, mais le gouvernement a cru vos services utiles ailleurs. Quelque part que je sois, comptez sur mon amitié, etc. » Bonaparte tint parole ; quant au général Victor, on verra plus tard comment il sut accepter et reconnaître ses bienfaits.

Victor prit part à la conquête du Piémont, se trouva avec sa division aux batailles de Sainte-Lucie le 6 germinal an VII, de Villa-Franca le 16 du même mois, d’Alexandrie le 23 floréal, et enfin aux sanglants combats de la Trébia les 29, 30 prairial et 1er messidor de la même année, où il fut blessé. Le lendemain, 2 messidor, la division Victor défendit, avec une grande énergie, le poste de Sainte-Marguerite qui fut attaqué, le 22 vendémiaire an VIII, par les Autrichiens, et il les contraignit à se retirer après leur avoir fait éprouver des pertes considérables. Le 13 brumaire suivant, à Fossano, il balança pendant longtemps la victoire, et ne se retira du champ de bataille que sur l’ordre formel du général en chef. Il n’évacua également Valdigi, où il se maintenait avec succès, que sur l’invitation réitérée qui lui en fut faite par le même général.

Appelé le 27 ventôse au commandement d’une division de l’armée de réserve, il contribua aux succès remportés sur le Tésin et sur le Pô pendant les mois de floréal et de prairial. Le 20 de ce dernier mois, il détermina le succès de la bataille de Montebello, et le 25, à Marengo ; placé en première ligne, il soutint pendant quatre heures les efforts de l’armée autrichienne, et contribua à la prise du village de Marengo.

Il reçut un sabre d’honneur le 17 messidor suivant. L’arrêté qui lui décerna cette récompense nationale était ainsi conçu : « Les Consuls de la République, voulant donner une preuve toute particulière de la satisfaction du peuple français au général de division Victor, commandant la gauche de l’armée à la bataille de Marengo, lequel s’est conduit avec autant de bravoure que d’intelligence, arrêtent ce qui suit : Le ministre de la guerre fera donner au général Victor un sabre sur lequel seront inscrits ces mots : Bataille de Marengo, commandée en personne par le premier Consul. — Donné par le gouvernement de la République au général Victor. »

Le 6 thermidor de la même année, il fut nommé lieutenant du général en chef de l’armée de Batavie, et exerça ces fonctions jusqu’au 21 thermidor an X, époque à laquelle il devint capitaine général de la Louisiane. Il conserva ce titre jusqu’au 17 prairial an XI, et fut alors appelé au commandement en chef de l’armée de Batavie.

Compris comme légionnaire de droit dans la 5e cohorte, il fut mis en disponibilité le 3 floréal an XII, fut créé grand officier de la Légion-d’Honneur le 25 prairial suivant, et nommé président du collège électoral du département de Maine-et-Loire. Envoyé comme ministre plénipotentiaire auprès du roi de Danemark le 30 pluviôse an XIII, il reçut la décoration de grand cordon de la Légion-d’Honneur le 15 ventôse de la même année.

En 1806, lors de la rupture avec la Prusse, il partit de Copenhague vers la fin de septembre pour rejoindre la grande armée, et fut nommé chef de l’état-major général du 5e corps, commandé par le général Lannes. Le 10 octobre, il était au combat de Saalfeld, et le 14, à Iéna, il reçut un biscaïen qui lui fit une contusion assez forte pour l’obliger de garder le lit pendant quelques jours. Ce fut lui qui signa, comme fondé de pouvoirs du maréchal Lannes, la capitulation de la forteresse de Spandau le 25 du même mois, et le 26 décembre suivant, il donna de nouvelles preuves de sa bravoure.

L’Empereur ayant organisé un 10e corps d’armée le 5 janvier 1807, en confia le commandement au général Victor, qui se mit aussitôt en marche pour aller faire le siège de Colberg et de Dantzig ; mais pendant qu’il se rendait à Stettin, en voiture avec son aide-de-camp et un domestique, il fut enlevé par un parti de 25 chasseurs ennemis qui battaient le pays. Échangé presque aussitôt par les soins de l’Empereur Napoléon, il fut chargé au mois de mai du siège de Grandentz, et le 14 juin suivant, en l’absence du maréchal Bernadotte, il commanda le 1er corps de la grande armée à la bataille de Friedland. Il détermina le succès de cette journée, et pour l’en récompenser, l’Empereur rendit le décret suivant : « Napoléon, empereur des Français et roi d’Italie, voulant donner au général de division Victor un témoignage éclatant de notre satisfaction pour les services qu’il nous a rendus, et notamment à là bataille de Friedland, nous avons décrété et décrétons ce qui suit : le général Victor est nommé maréchal de l’Empire. Donné en notre camp impérial de Kœnigsberg, le 13 juillet 1807. Signé, NAPOLÉON. »

Chargé du gouvernement de la Prusse après la paix de Tilsitt, il fut créé duc de Bellune en juillet 1808. Appelé au mois d’août suivant au commandement en chef du 1er corps destiné à opérer en Espagne, il se dirigea aussitôt sur Bayonne avec les troupes sous ses ordres.

À son passage à Paris, le 22 septembre, avec une colonne du 1er corps, le préfet de la Seine, à la tête du Conseil municipal, vint à sa rencontre jusqu’à la barrière de Pantin. Après une allocution dans laquelle il énumérait les services éclatants de la grande armée ; ce magistrat remit au 1er corps des couronnes d’or offertes par la ville de Paris. Le maréchal duc de Bellune répondit en ces termes : « Monsieur le Préfet, messieurs les maires de la ville de Paris, les couronnes triomphales que vous venez d’offrir au 1er corps de la grande armée, au nom de la ville de Paris, orneront désormais ses aigles victorieuses ; les officiers, sous-officiers et soldats qui le composent ne verront jamais ces témoignages distingués de la considération et de la reconnaissance publique qu’ils ont tâché de mériter, sans se promettre de justifier le sentiment qui les a donnés. L’occasion s’en présentera bientôt, et là, comme sur les rives du Danube et de la Vistule, les soldats de la grande armée se montreront dignes de leur nom et des honneurs qu’ils reçoivent aujourd’hui. Ils acquerront, n’en doutez pas, de nouveaux droits à l’estime du grand peuple et à la bienveillance paternelle de notre auguste souverain, Napoléon le Grand. Vive l’Empereur ! » Ce cri fut répété de toutes parts ; alors au son d’une musique brillante et au milieu des plus vives acclamations, le préfet fixa sur les aigles les couronnes d’or votées par la capitale. Les troupes entrèrent ensuite dans Paris et se rendirent au jardin de Tivoli, où un banquet leur avait été préparé.

Le 1er corps d’armée poursuivit sa marche sur Bayonne, où il arriva du 20 au 30 octobre ; il entra par brigades sur le territoire espagnoles 22, 23, 25, 27 et 29 du même mois, et se trouva entièrement réuni à Vittoria et aux environs dans les cinq premiers jours de novembre.

Les 10 et 11 de ce mois, le duc de Bellune attaqua le général Blake à Espinosa de los Monteros et le battit complètement. Les Espagnols perdirent dans cette journée plus de 20.000 hommes, tués ou faits prisonniers, tous leurs bagages, 60 pièces de canon et leurs munitions. Blake se retira dans le plus grand désordre et atteignit Reinosa dans la journée du 12, où il rallia environ 7.000 fuyards, tristes débris d’une armée forte de 50.000 hommes, dix jours auparavant.

Le 30 du même mois, le 1er corps fut chargé de l’attaque du défilé de Sommo-Sierra, qui fut emporté malgré les efforts et la vigoureuse défense de l’ennemi, qui perdit dans cette affaire toute son artillerie et un grand nombre de soldats. C’est dans cette journée qu’eut lieu la mémorable charge des lanciers polonais de la Garde impériale, qui contribuèrent puissamment à la victoire. Ce fait d’armes est l’un des plus beaux que présentent nos annales militaires. — Le 2 décembre de la même année, le duc de Bellune concourut à l’attaque de Madrid et après la prise de cette place, il se dirigea sur Tolède.

Le 18 janvier 1809, il mit en déroute, près d’Uclès, l’armée du duc de l’Infantado, qui s’était portée à sa rencontre, et à laquelle il fit perdre plus de 10.000 hommes et 40 pièces de canon.

Lorsque Napoléon eut décidé l’entrée des troupes françaises en Portugal, le 1er corps fut envoyé sur les frontières de l’Estramadure. Le 15 mars, il passa le Tage à Talavera de la Reina et à Puente de l’Arzobispo. Le 16, il marcha sur l’armée de Cuesta et la rencontra, le 17, retranchée sur la Ybor. L’ennemi fut forcé trois fois successivement dans ses diverses positions pendant la journée ; la fatigue des troupes empêcha d’aller au delà du dernier champ de bataille.

Le 18, la division Leval suivit les Espagnols sur Valdecannar et les y força encore. L’ennemi fut poussé de rocher en rocher jusqu’au col de Miravette, et l’armée de Cuesta, s’étant débandée, fut vivement poursuivie.

Le 28, le duc de Bellune attaqua et battit complètement, près de Medelin, le général Cuesta qui était parvenu à rallier son armée. Les Espagnols laissèrent près de 10.000 hommes sur le champ de bataille et perdirent neuf drapeaux, 19 pièces de canon et 7.000 prisonniers. Malgré ce succès décisif, le maréchal Victor ne put prendre part à l’invasion du Portugal ; l’arrivée de nombreuses troupes anglo-portugaises rendait sa présence indispensable sur la ligne de la Guadiana au Tage. Son avant-garde ayant été attaquée, le 22 juillet, en avant de Talavera de la Reina, elle dut évacuer cette position pour ne point se compromettre dans une lutte trop disproportionnée ; le 1er corps se retira donc sur Tolède et fit sa jonction, le 23, avec les troupes que le roi Joseph avait amenées à Madrid. L’armée française présentait alors sur ce point une force d’environ 40.000 hommes, tandis que celles des Anglais, des Portugais et des Espagnols réunis, sous le commandement de sir Arthur Wellesley (depuis duc de Wellington), n’étaient pas de moins de 80.000 combattants.

Le 27 juillet, à la pointe du jour, parti de Santa Olalla, le roi Joseph mit ses colonnes en mouvement. L’ennemi occupait le terrain qui s’étend depuis Talavera de la Reina jusqu’au delà des coteaux de Medelin, et qui embrasse un développement de 3 kilomètres environ. Les Français arrivèrent vers une heure sur les hauteurs de Salinas, à la gauche d’Alberche. Le 1er corps passa cette rivière à gué et surprit la division du général Mackenzie, postée à la tour de Salinas, et qui fut obligée de se replier précipitamment. L’attaque du duc de Bellune avait été si soudaine que sir Arthur Wellesley, qui se trouvait dans cette position d’où il observait les mouvements de ses adversaires, fut sur le point d’être fait prisonnier. Le maréchai attaqua vigoureusement la colline de Medelin, clef de la position, et qui était occupée par le général Hill, mais il ne put s’en emparer malgré les efforts des divisions Ruffin et Villatte. Le lendemain 28, il renouvela ses tentatives ; le combat fut long et opiniâtre, et le succès longtemps indécis ; mais enfin, foudroyés par l’artillerie que les Anglais avaient amenée sur ce point pendant la nuit, les Français furent obligés de revenir à leur première position. Cette journée, connue sous le nom de bataille de Talavera de la Reina, où le duc de Bellune se signala et où chaque armée conserva ses positions, coûta aux Anglo-Espagnols 7.500 hommes tués ou blessés ; la perte des Français fut à peu près égale. Le 29, l’armée impériale repassa l’Alberche, et Joseph, n’espérant plus vaincre une armée dont l’effectif était double de la sienne, opéra sa retraite sur Madrid. L’Empereur, reconnaissant des services rendus par le duc de Bellune, déjà richement doté par lui, ne l’oublia pas dans la distribution qu’il fit à ses généraux, en juillet 1809, des domaines du Hanovre. Il fit don à ce maréchal des terres de Harpstedt et d’Heiligenrode, d’un revenu de 23.045 fr. 87 cent. de rentes.

Après la victoire d’Ocaña, remportée par les Français le 18 novembre, le maréchal pénétra en Andalousie et traversa sans obstacles la Sierra depuis Almaden. Après avoir envoyé quelques reconnaissances sur Santa-Eufemia et Belalcazar, il marcha sans artillerie et sans bagages sur Andigar, où il se réunit aux autres corps. — Poursuivant son mouvement en avant, il entra le 23 dans Cordoue et s’y arrêta pendant quelques jours. De là, il se porta sur Séville, arriva en vue de ses murailles vers la fin de janvier 1810, y entra le 1er février et prit aussitôt la route de l’ile de Léon dont il atteignit les environs et forma le blocus le 5 du même mois. Il commença ensuite le siège de Cadix, et pendant trente mois il fit échouer toutes les tentatives de l’ennemi.

La junte de Cadix, ayant conçu le projet d’éloigner de cette place les forces dont se composait la ligne assiégeante, et même d’obliger les Français à se retirer entièrement, prépara les moyens d’exécution qu’elle crut propres à assurer le succès de cette entreprise. Des troupes partirent de Cadix et allèrent débarquer à Algésiras où elles se réunirent à celles commandées par don Antonio Begines de los Rios. Toutes ces troupes, formant un effectif d’environ 20.000 hommes, et 24 pièces de canon, mirent à la voile le 26 janvier 1811 et arrivèrent le lendemain, 27, à Tarifa, d’où elles se portèrent, le 28, sur Chiclana ; mais leur marche fut retardée par les obstacles de toute nature qu’elles rencontrèrent et surtout par le mauvais état des routes qui ne permit le passage de l’artillerie qu’avec la plus grande difficulté. Le maréchal Victor n’eut pas plutôt avis de ce mouvement qu’il se porta vers l’ennemi avec environ 6.000 hommes. Le 5 mars, les Anglo-Espagnols se présentèrent sur la route de Chiclana. Dissimulant son infériorité numérique par l’habileté de ses manœuvres, le maréchal Victor culbuta l’avant-garde ennemie et l’accula à la mer. Peu d’instants après, une action sanglante s’engagea sur le coteau de la Cabeza del Puerco, autrement dit de la Barrosa ; l’ennemi y perdit 1.500 hommes tués ou blessés, et fut obligé de rentrer à Santi-Pietri, laissant entre les mains des Français trois drapeaux et quatre pièces de canon. Le duc de Bellune ne vit pas la fin du siège de Cadix, il fut appelé à faire partie de la grande armée le 3 avril 1812, et prit le commandement du 9e corps.

Au mois d’août suivant, le 9e corps fort de 30.000 hommes, et destiné à former la réserve, partit de Tilsitt pour se rendre à Wilna.

Lors de la retraite de Moscou, il enleva, le 14 novembre, la position de Moliany et s’y maintint malgré les efforts d’un corps de 45.000 Russes. Le 25, il reçut l’ordre de suivre le mouvement du duc de Reggio sur le pont de Studzianca (Bérésina), de couvrir la retraite en formant l’arrière-garde et de contenir l’armée russe de la Dwina qui le suivait.

Pendant tout cette désastreuse retraite, le duc de Bellune ne cessa de donner des preuves de courage, de sang-froid et de dévouement. Revenu en France avec les débris de nos glorieuses phalanges, le duc de Bellune fut nommé commandant en chef du 2e corps de l’armée d’Allemagne le 12 mars 1813. Il combattit vaillamment à Lutzen, à Wachau, où il repoussa jusqu’à six fois les attaques opiniâtres des troupes ennemies, et à Leipzig où il se couvrit de gloire. Après cette campagne, il prit le commandement d’un corps destiné à protéger les frontières de l’Est contre l’invasion étrangère ; mais, trop faible pour s’opposer efficacement aux masses qui se présentaient, il dut se replier successivement sur la Moselle, sur la Meuse, sur l’Ornain et sur la Marne. Il coopéra de tous ses moyens aux succès de la journée de Brienne, le 29 janvier 1814, et commanda le centre de l’armée, le 1er février suivant, à la bataille de la Rothière, où 36.000 Français luttèrent avec courage contre 106.000 hommes de l’armée de Silésie.

Le 17 février, à Marmont, il mit en déroute le corps du comte Pahlen, et battit le général bavarois Lamotte, près de Valjouan. Il fit dans cette journée 3.000 prisonniers et enleva 16 pièces de canon. Dans sa marche sur Montereau, il s’arrêta à Salins (Seine-et-Marne) pour y prendre quelques heures de repos, et ce retard fit manquer, dit-on, l’occupation des ponts, et lui attira de vifs reproches de la part de l’Empereur. L’amour-propre du maréchal en fut profondément blessé, et on prétend que c’est à ce motif seul que sont dus l’empressement qu’il mit à accueillir les Bourbons et la conduite étrange qu’il tint plus tard envers son bienfaiteur. Le 7 mars à la bataille de Craonne, il fut atteint d’un coup de feu qui le mit hors de combat.

Après l’abdication de l’Empereur, le duc de Bellune fut nommé chevalier de Saint-Louis, le 2 juin 1814, et Louis XVIII lui confia le gouvernement de la 2edivision militaire le 6 décembre de la même année. — Lors de la rentrée en France de l’Empereur, ce maréchal se rendit dans son gouvernement, et, le 10 mars 1813, il était à Sedan où il publia l’ordre du jour suivant2 : « L’ordonnance du roi et la proclamation de Sa Majesté du 6 de ce mois annoncent aux Français le nouvel attentat de Bonaparte à la paix et au bonheur dont ils jouissent sous le gouvernement paternel de leur souverain légitime et justement chéri ; mais elles annoncent en même temps le châtiment prochain de ce nouveau crime. Déjà nos troupes sont à la poursuite de son auteur, et tout fait espérer qu’il touche au terme de sa funeste existence. Cependant si cette espérance était un instant déçue, si les desseins perfides de Bonaparte trouvaient des partisans assez nombreux pour en seconder l’exécution, quel est l’homme d’honneur qui hésiterait à les combattre ? Tous les Français sont donc prêts, s’il le faut, à repousser leur ennemi : car c’est l’homme qui a tyrannisé, désolé et trahi la France pendant douze ans qu’il faudrait poursuivre, ainsi que les satellites qui l’assisteraient dans ses brigandages ; c’est l’honneur national, le roi, la charte constitutionnelle, la patrie enfin qu’il faudrait défendre. Soldats, vos sentiments me sont connus, et si nous sommes appelés à concourir à la destruction des factieux, nous remplirons nos devoirs, nos serments, et notre auguste et bon roi sera satisfait. Au quartier-général, à Sedan, le 10 mars 1815. Signé, LE MARÉCHAL DUC DE BELLUNE. »

Le maréchal partit ensuite pour Châlons-sur-Marne, où il arriva le 16 ; de là il se dirigea sur Paris où il passa les journées des 17 et 18, et c’est de là qu’il adressa, le 18, aux colonels de son corps d’armée, une circulaire ainsi conçue3 : « Monsieur le Colonel, la voix de noire auguste monarque a été entendue ; la majeure partie des peuples du royaume s’arment pour défendre la patrie, le trône et les lois. Je suis l’heureux témoin de l’enthousiasme des habitants et des troupes de la capitale en faveur de cette cause sacrée. Tout me donne la douce espérance que bientôt la France sera pour jamais délivrée de son ennemi, et qu’elle jouira, sous la protection de la charte constitutionnelle et de son souverain légitime, du bonheur qu’elle mérite et de la considération que les autres nations ne peuvent lui refuser. Cependant des émissaires, soudoyés par Bonaparte, parcourent les campagnes pour en séduire les crédules habitants et pour nous jeter encore dans toutes les calamités d’une révolution pire que celle qui a coûté tant de sang à notre chère patrie. La perfidie de leurs suggestions doit s’étendre jusque sur les troupes ; ils vont tenter d’égarer les soldats ; que ceux-ci se défient de leurs odieuses manœuvres et se préservent de l’horreur d’y prendre part. Rappelez-leur qu’ils ne sont point les soldats d’un parti, mais bien ceux de la France menacée qu’ils doivent défendre. Leurs familles attendent d’eux toute leur sécurité ; la France entière compte sur leur fidélité ; elle réclame leurs services, ils ne seront pas sourds à cette voix imposante. Recueillez donc MM. les officiers et les sous-officiers de votre régiment, faites-leur connaître la position affreuse où Bonaparte veut encore nous réduire pour satisfaire ses passions violentes aux dépens de la fortune, de la tranquillité et du sang des Français. Dites-leur surtout une grande vérité, c’est que si les troupes chargées de défendre leur pays s’écartaient de leur devoir, et si, oubliant ce qu’elles doivent à la patrie et à leur roi, elles commettaient la lâcheté de se livrer aux rebelles, elles verraient sous peu les troupes étrangères sur notre territoire, toutes les horreurs d’une guerre dont elles seraient la cause et la perte honteuse et irréparable de l’honneur national. La guerre qui nous est suscitée, monsieur le colonel, est celle de la trahison contre la fidélité, de l’iniquité contre la justice, de la honte contre l’honneur. Les troupes françaises ont le choix de l’une ou de l’autre cause ; mais je ne leur ferai point l’injure de leur indiquer celle qu’elles doivent embrasser. — Paris, le 18 mars 1815. Signé, le maréchal duc DE BELLUNE. »

Parti de Paris le 19, le maréchal arriva le 20 à Châlons, où il trouva toutes les troupes de son commandement réunies. Les bruits de l’arrivée de l’Empereur à Paris l’engagèrent à porter une partie de son corps d’armée sur la rive droite de la Marne, dans les diverses directions de Paris. Mais les troupes, informées de la marche triomphale de l’Empereur, prirent successivement les couleurs nationales et manifestèrent hautement leur peu de sympathie pour le gouvernement des Bourbons. Le duc de Bellune, voyant son autorité méconnue et craignant d’être arrêté, prit la fuite et alla rejoindre le roi. Il rentra au mois de juillet et fut nommé Pair le 17 août, puis major général de la Garde royale, et le 12 octobre, président de la commission chargée d’examiner la conduite des officiers de tous grades qui avaient servi pendant l’usurpation.

Le 10 janvier 1816 le duc de Bellune fut pourvu du gouvernement de la 16edivision militaire, fut commandeur de l’ordre do Saint-Louis, et grand-croix après le mariage du duc de Berri, dont il signa le contrat, puis enfin chevalier commandeur de l’ordre du Saint-Esprit. Ministre de la guerre le 14 septembre 1821, il prépara la campagne d’Espagne de 1823, et fut nommé major général de l’armée d’Espagne le 17 mars ; mais le duc d’Angoulême ne voulut point l’agréer. Il reprit alors son portefeuille, entra dans le conseil privé ; fut commandant en chef du camp de Reims au sacre de Charles X, et membre du conseil supérieur de la guerre en 1828. Il prêta serment en 1830 au nouveau gouvernement, mais se tint éloigné des affaires. Il est mort en 1841. Biographie des célébrités militaires, C. Mullié.

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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 00:00

Nałęcz

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Maria Łączyńska

Marie Walewska

comtesse Walewska

 
  • Née le 7 décembre 1786 à Kiernozia (Pologne)
  • Décédée le 11 décembre 1817 à Paris à l'âge de 31 ans
  • Inhumée à la 67è division au cimetière du Père Lachaise à Paris dans le caveau des d'Ornano, portant la simple inscription : "Marie Laczynska, comtesse d'Ornano [...]" et le corps fût emmené en Pologne 4 mois plus tard.

Plik:Maria Walewska coffin.jpg

Parents

  • Mariée en 1804 avec Athanase, comte Walewskica 1736-1815

 (contrat du 18 avril 1816 reçu Jacques Beaudenom de Lamaze, notaire à Paris)

 

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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 00:00

  Une lettre du général Dugommier, qui commande depuis la mi-novembre les armées d'Italie et du Midi devant Toulon, est lue à la Convention ; il y fait l'éloge du « citoyen Buona Parte »

 

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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 00:00

Bonaparte est dénoncé au ministre de la Guerre comme fauteur de troubles par La Férandière, le commandant d'Ajaccio

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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 00:00

Serment de l'armée fait à l'Empereur après la distribution des Aigles au Champ de Mars


Le 5 décembre 1804, trois jours après le sacre à Notre-Dame de Paris, L'Empereur remet ses nouveaux emblèmes, drapeaux et étendards, à l’armée au cours d’une cérémonie grandiose au Champ-de-Mars.


Sur une grande tribune conçue par les deux architectes Percier et Fontaine devant la façade de l’Ecole militaire, l'Empereur, entouré de sa famille et des hauts dignitaires de la couronne, prête serment, en même temps qu'il reçoit celui de tous les corps de troupes présents. La cérémonie fut repoussée au 3 puis au 5 décembre. Elle eut lieu par temps de neige et de pluie. « Soldats, voilà vos drapeaux ; ces Aigles vous serviront toujours de point de ralliement ; ils seront partout où votre Empereur les jugera nécessaires pour la défense de son trône et de son peuple. Vous jurez de sacrifier votre vie pour les défendre, et de les maintenir constamment par votre courage sur le chemin de la victoire. » Ainsi, Napoléon dans son serment. Le tableau du peintre David appartient aux œuvres commandées en vue des célébrations du sacre. Dans cette composition, on distingue à gauche sur l’estrade les grands dignitaires du nouveau régime : Duroc, grand maréchal du Palais, Cambacérès et Lebrun, Louis et Joseph Bonaparte, Eugène de Beauharnais et plusieurs autres figures. L’Empereur s’avance entouré des nouveaux maréchaux Berthier, Bernadotte, Murat, Augereau, Masséna, Lannes, etc., qui brandissent leur bâton. Le moment de la cérémonie choisi par David est celui où l’ensemble des militaires lance à l’Empereur : « Nous le jurons ! » On reconnaît là des chasseurs, des grenadiers, des dragons, des sapeurs, qui, le bras tendu, se rencontrent dans une sorte de triangle dont le sommet serait formé par l’aigle et le drapeau tricolore qui surmontent la tente dans le fond du tableau. L’aigle, animal sacré de l’Antiquité romaine, emblème du souverain Jupiter, est censé annoncer la lumière et représenter le soleil. Mais ce n’est plus Napoléon qui est au centre de cette composition fastueuse, il ne fait que descendre vers son armée. L'aigle du drapeau joue en quelque sorte le rôle de la croix dans le tableau du sacre.

 

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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 00:00

Napoléon quitte l'armée en retraite

 

Après avoir envoyé le 3 décembre, son aide de camp, le colonel (Anatole de Montesquiou), porteur du tragique 29ème bulletin, Napoléon, arrivé à Molodetchna, sait qu'il doit quitter l'armée en retraite

"Dans l'état actuel des choses, je ne puis en imposer à l'Europe que du palais des Tuileries" dit-il dans une entrevue avec Caulaincourt.

Arrivé à Smorghoni, le 5 décembre, Napoléon reçoit le gouverneur de Vilna, Hogendorp.

Il dicte ses ordres et passe le commandement des troupes à Murat avant son départ, fixé à 22 heures.

L'Empereur et Caulaincourt quittent l'armée et voyagent dans une dormeuse, en grand secret.

 

 

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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 00:00

en traineau avec l'Empereur

  Dix heures du soir.

 

Trois voitures quittent le village de Smorgoni et s'enfoncent dans la nuit.

Il neige et la température est glaciale.

Dans la première voiture ont pris place Napoléon et son Grand Ecuyer, le général Armand de Caulaincourt, duc de Vicence.

La Grande Armée est enlisée dans les plaines enneigées de Russie.

Ayant appris le complot du général Malet, l'Empereur a confié le commandement en chef à Murat et rentre en France.

Pendant quatorze jours et quatorze nuits, Caulaincourt partage avec le maître de l'Europe cet épisode unique dans l'Histoire, Napoléon médite sa défaite sur le sol russe et dresse un bilan de son action.

Le soir

 

A l'étape, d'une plume vive et libre, sans flatterie aucune, Caulaincourt, homme de coeur et de droiture , consigne les confidences de l'Empereur.


Malgré la défaite, Napoléon croit toujours en son destin.

Il expose à son Grand Ecuyer ses vues sur l'Europe et le monde.

 

En traineau avec l'Empereur, Général de Caulaincourt,. ed. Arléa, 22 €

 

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1er Consul

2 août 1802 jusqu'au 18 mai 1804

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Napoléon Ier

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18 mai 1804 au 6 avril 1814 et du 20 mars 1815 au 22 juin 1815

napoleon1er

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