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23 février 2014 7 23 /02 /février /2014 00:00

Claude Just Alexandre Louis Legrand

général de division...

 

né à Plessier-sur-Saint-Just (Oise), le 23 février 1762, entra comme soldat dans le régiment Dauphin-Infanterie le 16 mars 1777, devint caporal le 3 février 1781, et sergent le 1er janvier 1782.

 

Il était parvenu au grade de sergent-major le ler juin 1786, lorsqu’il obtint son congé pour se marier.

 

Exalté, en 1790, par le sentiment de la liberté, Legrand reprit, le 1er mai, du service comme soldat dans la garde nationale de Metz, et fut nommé chef d’un bataillon de volontaires de la Moselle le 1er mai 1791.

 

Chargé par le gouvernement de l’inspection d’une partie des troupes de la Moselle en 1792, il mérita par ses talents d’être élevé au grade de général de brigade le 20 septembre 1793.

 

Il se rendit ensuite dans la Vendée avec une des colonnes de l’armée de Mayence, rejoignit celle de Sambre-et-Meuse, et s’empara, à l’affaire de Nancy, d’une pièce de canon chargée à mitraille, au moment ou un canonnier allait y mettre le feu.

 

Dans ce combat, où tous les hommes de son détachement, au nombre de 30, furent ou blessés ou tués, Legrand reçut quatre légères blessures.

 

A Arlon, il justifia la confiance qu’on avait en sa valeur.

 

A la bataille de Fleurus, il combattit avec une grande distinction. Quand les ailes de l’armée, obligées de se replier, eurent en partie passé la Sambre, il défendit au centre, avec quatre bataillons et une compagnie d’infanterie légère, le village d’Epigny, trois fois attaqué dans cette journée par des forces supérieures.

 

Il conserva ce poste important, fit éprouver une perte considérable à l’ennemi, donna le temps à l’armée française de reprendre l’offensive, et contribua ainsi au gain de la bataille, qui était resté incertain jusqu’à six heures du soir. A partir de cette époque, sa vie ne fut plus qu’une suite de travaux, de combats et de brillants succès.

 

La campagne de l’an III s’ouvrit par le passage du Rhin. Chargé de franchir le fleuve au-dessus de Dusseldorf avec une partie des grenadiers de la 7e division, le général Legrand s’embarqua avec sa troupe au milieu de la nuit du 17 au 18 fructidor.

 

La lune qui vient de se lever, permet à l’ennemi de voir tous les mouvements des Français.

 

A l’aspect de la flottille, les Autrichiens dirigent sur elle le feu de toutes leurs batteries.

 

Le Rhin semble rouler des eaux embrasées. La surprise et l’ardeur des combattants, le danger de cette attaque sur un fleuve rapide, 150 pièces de canon tonnant à coups pressés, forment, avec les obus qui se croisent sur le fleuve, le tableau le plus horrible et le plus majestueux des fureurs de la guerre.

 

Legrand, impatient de se voir aux prises avec l’ennemi, s’élance dans les flots, en s’écriant : Camarades, suivez-moi ! Ses grenadiers, électrisés par son exemple, se précipitent sur ses pas. La charge bat, le général français s’avance audacieusement contre les Autrichiens, surpris d’une telle audace, culbute 2.000 hommes campés en arrière de l’anse de Haneim, s’empare d’une batterie de 7 pièces de canon qui défendaient le débouché de la Herf, se porte rapidement sur Dusseldorf, dont il se rend maître, et fait prisonniers 2.000 hommes de troupes palatines qui formaient la garnison de cette place. Cette audacieuse opération fut terminée en moins de sept heures. Le général en chef Jourdan, dans le rapport qu’il fit à la Convention sur le passage du Rhin, s’exprimait ainsi : « La conduite du général Legrand et son intrépidité sont au-dessus de tous les éloges. »

 

La campagne de l’an IV, en Allemagne, lui fournit de nouvelles occasions de se distinguer. Le 30 thermidor, le général Championnet lui donna l’ordre de se glisser, avec deux bataillons de la 92e demi-brigade et un escadron de dragons, dans les gorges de Niessas pour essayer de tourner la gauche des Autrichiens par Wolsfeld.

 

Arrivé au débouché des gorges, Legrand se trouva à Lainhoffen, en face d’un ennemi supérieur, protégé par une artillerie formidable.

 

En apercevant le danger de sa position, le général français suspendit prudemment sa marche dans un petit bois où les Autrichiens essayèrent de le cerner, repoussa vigoureusement leurs attaques, et se maintint jusqu’au moment où le général Championnet vint le dégager.

 

Il donna de nouvelles preuves de courage à l’attaque des hauteurs de Poperg et de Lansfeld, où l’ennemi fut repoussé jusqu’à Amperg, ce qui facilita la prise de Cassel par le général Bonnaud.

 

Pendant la même campagne, le général Legrand, à la tête de douze compagnies d’infanterie, franchit une seconde fois le Rhin, à Wissenthurn, vis-à-vis Neuwic, chassa les Autrichiens de leurs retranchements, leur fît éprouver des pertes considérables, et les tint en échec autant de temps qu’il en fallut pour établir un pont sur le fleuve.

 

A la journée de Wurtzbourg, le 18 messidor, sa brigade, disséminée sur une étendue de deux lieues, fut enveloppée par 3.000 chevaux et 10.000 hommes d’infanterie. Le général français, frappé de l’imminence du péril, réunit promptement ses soldats, attaqua l’ennemi avec résolution, se fraya un passage à travers ses colonnes, opéra sa retraite avec la plus grande opiniâtreté, et protégea celle de la cavalerie de l’armée, qui se trouvait sérieusement compromise.

 

Il ne déploya ni moins de bravoure, ni moins d’habileté au combat de Liptingen, où il eut deux cheveaux tués sous lui.

 

En l’an V, les Autrichiens, au nombre de 1.200 hommes, ayant effectué un passage du Rhin à Neuhorfl, attaquèrent la brigade du général Legrand qui était dispersée depuis le confluent de la Lach jusqu’à Neuwic. Le général rassembla à la hâte deux compagnies de grenadiers et 25 dragons, marcha à la rencontre de l’ennemi, l’attaqua avec impétuosité, le culbuta dans le fleuve et lui fit 400 prisonniers. La guerre, suspendue en l’an VI par les négociations de Rastadt, se ralluma, en l’an VII, avec plus de fureur entre la France et l’Autriche.

 

Legrand, promu au grade de général de division par un arrêté du 1er floréal, prit le commandement des troupes stationnées sur la rive droite du Rhin, et établit son quartier général à Kork, en avant du fort de Kehl. Obligé de se retirer momentanément à Strasbourg pour rétablir sa santé altérée par les fatigues de la guerre, il entrait à peine en convalescence, lorsque le général Masséna, jaloux de s’entourer d’officiers distingués, l’appela près de lui en Helvétie ; mais Legrand vint reprendre son premier poste sur la rive droite du Rhin, aussitôt que l’ennemi se fut renforcé dans la vallée de la Kintzig.

 

Le 18 messidor, des forces supérieures assaillirent ce général sur toute sa ligne : elles débouchèrent par la vallée de la Kintzig, par celle d’Erbach, se dirigeant sur Oberkirck, Offembourg et Attenheim. Nos avant-postes, attaqués à l’improviste, furent contraints d’évacuer Offembourg et de se replier sur la forêt de Neumûhl, à une petite lieue de Kehl. Renforcé par des troupes fraîches, le général Legrand reprit aussitôt l’offensive, repoussa l’ennemi jusqu’à Offembourg, le culbuta après un combat des plus opiniâtres, et reprit, par son courage, l’avantage que les Autrichiens n’avaient dû qu’à la surprise et à la supériorité de leurs forces.

 

En l’an VIII, on lui confia de nouveau le commandement d’une division à la gauche de l’armée d’Allemagne. C’est lui qui, le 1er floréal, soutint, en avant d’Erbach, le premier choc de l’armée ennemie. Le 2 prairial suivant, il se distingua au combat de Delmesingen.

 

Dans la campagne suivante, il eut aussi la gloire, sous les ordres de Moreau, d’attacher son nom à la célèbre victoire de Hohenlinden. Pendant que les divisions du centre combattaient sur le front de la ville de ce nom, le prince Ferdinand qui avait suivi la rive gauche de l’Izen, à la tête de dix-huit bataillons, de quatre régiments de cavalerie et 15 pièces d’artillerie, se disposait déjà à tourner le bois d’Opirechling pour s’emparer de la redoute d’Erdingen, afin de couper les communications des Français avec Munich, de les prendre à dos et de neutraliser les succès que le centre avait obtenus. Le général Legrand, pénétrant les desseins du prince Ferdinand, donna aussitôt le signal du combat. Ses troupes fondent avec impétuosité sur l’ennemi, taillent en pièces tout ce qui s’oppose à leur passage, lui enlèvent 3.000 hommes, 4 pièces de canon et le forcent de se retirer en désordre dans la vallée de Dorsen, où le lendemain elles lui font encore 1.500 prisonniers. Les Autrichiens n’opposaient plus que des efforts impuissants à la marche victorieuse de l’armée du Rhin ; l’aile gauche ayant franchi la Salza, partie à Laussen, partie à Rurghaussen, atteignit la route de Rica, fit le blocus de Braunau, marcha sur Scharding, et occupa Wels après une marche forcée. Le général Legrand qui commandait l’avant-garde, enleva, en route, plus de 1.200 hommes à l’ennemi.

 

Lorsque la paix, signée à Lunéville, vint borner le cours de tant de triomphes, le gouvernement le choisit, le 29 messidor an IX, pour commander le Piémont, devenu la 27e division militaire. Il prouva qu’il savait unir aux talents du général les qualités non moins précieuses de l’administrateur.

 

Dès son arrivée à Turin, il y rétablit les services désorganisés, purgea les routes des brigands qui les infestaient, et parvint à faire chérir et respecter le nom français par la sagesse de ses mesures et la fermeté de son caractère.

 

Mis à la disposition du gouvernement le 8 ventôse an X, le général Legrand fut nommé inspecteur général d’infanterie le 5 germinal an XI. Il reçut le commandement de la 3e division au camp de Saint-Omer le 12 fructidor de la même année, devint membre de la Légion-d’Honneur le 19 frimaire an XII, puis grand officier de l’Ordre le 25 prairial suivant.

 

Dans la campagne de l’an XIV en Allemagne, l’intrépide Legrand commanda une des divisions d’infanterie sous les ordres du maréchal Soult. On le vit, aux combats de Wertingen et de Hollabrunn ; décider en faveur des Français les succès de ces deux journées.

 

A Austerlitz, il soutint, avec une seule brigade, pendant près de dix heures, aux défilés de Telnitz et de Sokolnitz, tous les efforts de l’aile gauche de l’armée russe, lui fit 3.000 prisonniers et lui enleva 12 pièces de canon. En récompense der ses exploits dans cette mémorable journée, le général Legrand fut créé, le 17 nivôse au XIV, grand aigle de la Légion-d’Honneur.

 

Après la bataille d’Iéna, au succès de laquelle il contribua, ce général combattit plus tard à Lubeck, à Eylau, à Heilsberg, puis à l'attaque de Kœnigsberg, dont il enleva les faubourgs, à la tête de sa division.

 

Après la paix de Tilsitt, signée le 7 juillet 1807, avec l’empereur de Russie, et le 9 du même mois avec la Prusse, le général Legrand fut récompensé de ses brillants services par le titre de comte de l'Empire ; distinction à laquelle Napoléon ajouta une dotation de 30.000 francs de rente.

 

Chargé du commandement du camp de Moewe, en 1808, il y reçut l’empereur Alexandre à son retour dans ses États. Ce général soutint sa réputation dans la campagne d’Autriche et de Pologne en 1809. Sa division concourut à la prise de la ville et du château d’Ebersberg.

 

A la bataille d’Essling, Legrand fit des prodiges de valeur. Placé par Masséna au village de Gross-Aspern, dont la défense lui avait été confiée, il eut un cheval tué sous lui en repoussant avec succès trois charges dirigées contre ce village par le général autrichien Hiller. Il s’illustra encore à Wagram ou un obus lui enleva son chapeau.

 

Mis en disponibilité le 23 juillet 1810, et désigné pour une inspection générale le 30 août 1811, il reçut l’ordre de se rendre au corps d’observation de l’Elbe le 25 décembre de la même année. Le général Legrand mit le comble à sa gloire dans la désastreuse campagne de Russie, en combattant à la tête de l’arrière-garde du 2e corps.

 

Après le combat de Jacobowo, ce corps, obligé d’opérer sa retraite, se vit menacé du plus grand danger, harcelé qu’il était continuellement par les Russes. Legrand résolut de sortir de cette position critique. Il forma aussitôt ses troupes en colonnes d’attaque, se précipita sur l’ennemi, renversa tout ce qui s’opposa à son passage, lui fit 2.000 prisonniers, lui prit 13 pièces de canon et le rejeta en désordre au delà de la Drissa. Il rendit aussi d’importants services à Polotsk, y eut un cheval tué sous lui, et reçut de Gouvion-Saint-Cyr le commandement du 2e corps d’armée, lorsque ce maréchal eut été blessé. C’est à-lui que fut réservé l’honneur de forcer, le 12 novembre 1812, le passage de la Bérésina, si tristement célèbre dans nos fastes militaires ; il l’effectua sous le feu d’un ennemi que nos revers rendaient plus redoutable encore, action qui sauva peut-être les débris de nos phalanges des Fourches-Caudines que leurs ennemis leur avaient préparées.

 

Dangereusement blessé dans ce combat, Legrand se rendit en France, y devint sénateur le 5 avril 1813, organisa la défense de Châlons-sur-Saône en 1814, devint Pair de France le 4 juin, chevalier de Saint-Louis le 27 du même mois, et mourut à Paris, le 8 janvier 1815, des suites de la blessure qu’il avait reçue sur les bords de la Bérésina.

 

Ses dépouilles mortelles furent déposées au Panthéon.

 

On voit à l’Hôtel-de-Ville de Metz, patrie d’adoption de Legrand, le portrait de cet officier-général, que le Conseil municipal de cette ville y fit placer à côté des Messins dont les noms ont été consacrés par la reconnaissance publique.

 

Son nom est inscrit au côté Est de l’arc de triomphe de l’Étoile.

 

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Published by Napoleon Ier - dans Calendrier
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