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23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 00:00

Naissance de François Antoine Louis Bourcier

 

né le 23 février 1760, à la Petite-Pierre, près de Phalsbourg (Bas-Rhin). Lieutenant de cavalerie au commencement de la Révolution, il fut alors nommé aide-de-camp du duc d’Aiguillon, et passa en 1792 à l’état-major du général Custine.

Devenu général de brigade, il fut nommé, en 1793, chef d’état-major de l’armée du Rhin, et élevé l’année suivante au grade de général de division.

 

Chargé de la conduite d’une division de cavalerie, sous les ordres du général Moreau, il se distingua au combat d’Ingolstadt, et contribua par son talent et son courage aux résultats de la fameuse retraite de 1796.

Nommé inspecteur de cavalerie le 3 août 1797, il fit les campagnes de Suisse et de Naples, où il commanda une colonne de cavalerie qui tailla en pièces les insurgés qui s’étaient rassemblés à Andria.

Il fit la campagne de 1805, à la tête d’une division de dragons, et prit part aux batailles d’Elchingen et d’Ulm, ainsi qu’à celle d’Austerlitz, au succès de laquelle il contribua par de brillantes charges; il assista l’année suivante à la bataille d’Iéna, et fut nommé, après la prise de Berlin, inspecteur général du grand dépôt des chevaux pris à l’ennemi.

Envoyé en Espagne, il n’en revint que pour aller combattre à Wagram, où il donna des preuves d’un courage et d’une intrépidité extraordinaires.

Plus tard il fit partie de l’expédition de Russie; et vint, après les revers qui l’accompagnèrent, s’établir à Berlin où il réorganisa la cavalerie française.

Il fut mis à la retraite en 1816; mais l’année suivante il fut rappelé au conseil d’État et employé en qualité de commissaire du roi près la régie générale des subsistances militaires. Il fit ensuite longtemps partie de la chambre des députés, et mourut en 1828.

 

Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850, C. Mullié

 

 

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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 00:00

Au lendemain d'Eylau

EYLAU

 

Le 9 février 1807


·         Le 3e corps resta toute la journée sur le champ de bataille, où il fut passé en revue par l’Empereur. (« Opérations du 3e corps – 1806-1807 » rapport du maréchal Davout, duc d’Auerstaedt. Paris – Calmann Lévy – 1896 – p.162) 

·         A 2 h du matin, l’Empereur écrit à Talleyrand : « …il est deux heures du matin ; je suis fatigué ; je ne puis vous écrire qu’un mot. Le maréchal Duroc vous fera part de la victoire remportée hier sur l’armée russe. Quant à la communication qu’à faite le roi de Prusse, je pense qu’on pourrait lui répondre en ce sens ; que j’accepte les ouvertures faites pour mettre un terme à la guerre, que, loin d’élever aucune espèce de difficulté sur le lieu, le point le plus naturel me paraît être le point intermédiaire ; que je propose Memel même ; que j’y enverrai des plénipotentiaires aussitôt qu’on me fera connaître que la Prusse et la Russie en ont nommé… » (Corresp 11786). 

·         A 3 h du matin, il écrit à l’impératrice : « …Mon amie, il y a eu hier une grande bataille ; la victoire m’est restée, mais j’ai perdu bien du monde ; la perte de l’ennemi, qui est plus considérable encore, ne me console pas. Enfin, je t’écris ces deux lignes moi-même, quoique je sois bien fatigué, pour te dire que je suis bien portant et que je t’aime. Tout à toi… » (Jean Savant – « Napoléon et Joséphine » Fayard – 1960 – p. 200) - (Corresp 11787). 

·         Saint-Chamans, un des aides de camp de Soult, venu confirmer la retraite des Russes à 9 h du matin, trouve l’Empereur couché au milieu de ses aides de camp ; il écrit : « …Je trouvai l’Empereur dans une espèce de petite ferme, à une demi-lieue en arrière de Eylau…On n’était pas encore rentré dans sa chambre où il avait passé la nuit et l’on me dit que S.M. dormait…Je priai un valet de chambre…d’annoncer…que c’était pour une affaire pressante. Je fus aussitôt introduit. Napoléon, tout habillé et botté, était couché sur un matelas au coin d’un poêle ; je lui trouvai l’air fatigué, inquiet et abattu : - qu’y a-t-il de nouveau ? me demanda-t-il vivement à mon entrée dans la chambre. Je lui répondis en peu de mots que le maréchal Soult m’envoyait lui rendre des comptes de la retraite de l’ennemi et lui demander ses ordres. Il me fut facile de juger, alors, par l’épanouissement de sa physionomie du plaisir que lui faisait cette nouvelle…Le visage de l’Empereur devint radieux… » (« Mémoires » p.57 - Paris 1896). « …Sa culotte et son gilet blanc sont maculés de boue et ses gants de fine peau de daim sont noircis par la bride des chevaux qu’il aura successivement montés pendant la journée du 8 février…Il avait dîné de pommes de terre qu’il avait jetées dans les braises d’un feu de la Vieille Garde. Il avait passé la nuit tout habillé et botté, couché sur un matelas au coin du feu dans une petite ferme, à une demi-lieue en arrière d’Eylau… » (« Mémoires » 

·         Toujours habillé, il reçoit Percy le chirurgien et Lombard, l’ordonnateur en chef. Il interroge Percy sur les blessés.  

·         Il écrit à Cambacérès : « …le temps devient rigoureux. J’ai eu hier une bataille où la victoire m’est restée, mais j’ai perdu du monde. Du reste, vous verrez tous ces détails par le bulletin qui est exact… » (Corresp 11788). 

·         Il écrit à Duroc : « …Il y a eu hier à Preussich-Eylau une bataille fort sanglante. Le champ de bataille nous est resté, mais, si on a de part et d’autre perdu beaucoup de monde, mon éloignement me rend ma perte plus sensible. Corbineau a été enlevé par un boulet ; le maréchal Augereau a été légèrement blessé ; d’Hautpoul, Heudelet, quatre ou cinq autres généraux ont été blessés. Il deviendra bientôt nécessaire que le quartier général se réunisse à Thorn. Il faut que l’intendant général fasse arrêter sur Küstrin et Posen les convois d’argent qui n’auraient point passé ; car il est possible que, pour avoir des quartiers d’hiver tranquilles à l’abri des Cosaques et de cette nuée de troupes légères, je me porte à la rive gauche de la Vistule… » (Corresp 11789). 

·         Napoléon visite, vers midi, le champ de bataille. Il est consterné, silencieux. Arrivé près du 43e de ligne dont le colonel Lemarois avait été tué, il vit que les hommes avaient mis des crêpes noirs à leurs aigles : « …Je ne veux pas voir jamais mes drapeaux en deuil ; nous avons perdu bon nombre de nos amis et de nos braves compagnons, mais ils sont mort au champ d’honneur, leur sort est à envié. Occupons nous de les venger et non de les pleurer, car les larmes ne conviennent qu’aux femmes… » Puis, il regagne Eylau. Il devait y séjourner une semaine et sortir à peine de son cabinet. 

·         A 17 h, il écrit à Talleyrand : « …Je crois que l’on n’a pas encore fait de bulletin ; mais voici la note que vous pourrez mettre dans les journaux de Varsovie à envoyer à Constantinople et à Vienne. Dites à Lemarois que son frère a été tué, qu’il s’est conduit bravement. Corbineau a été enlevé d’un boulet. D’Hautpoul est blessé dangereusement. Ma Garde à cheval s’est couverte de gloire ; elle a eu 150 blessés et 40 tués ; le général Dahlmann, qui commande les chasseurs a été blessé. L’affaire a été fort chaude, et fort animée et assez chanceuse… » (Corresp 11790) 

·         Il écrit à Cambacérès à 17 h : « …la bataille d’Eylau aura probablement des résultats heureux pour la décision de ces affaires-ci. L’ennemi s’est retiré en pleine déroute, pendant la nuit, à une marche d’ici. Différents détachements de cavalerie sont à ses trousses. Les résultats en seront 40 pièces de canon et 12 000 prisonniers. On évalue la perte de l’ennemi à 10 000 blessés et à 4 000 morts ; ce n’est pas exagérer. Malheureusement notre perte est assez forte, surtout en gens de marque. Je l’évalue à 1 500 tués et à 4 000 blessés… » (Corresp 11791). 

·         A 18 h, il écrit de nouveau à l’impératrice : « …Je t’écris un mot, mon amie, afin que tu ne sois pas inquiété. L’ennemi a perdu la bataille, 40 pièces de canon, 10 drapeaux, 12 000 prisonniers. Il a horriblement souffert. J’ai perdu du monde, 1 600 tués, 3 à 4 000 blessés. Ton cousin Tascher se porte bien ; je l’ai appelé près de moi avec le titre d’officier d’ordonnance. Corbineau a été tué d’un obus. Je m’étais singulièrement attaché à cet officier, qui avait beaucoup de mérite ; cela me fait de la peine. Ma Garde à cheval s’est couverte de gloire. Dahlmann est blessé dangereusement. Adieu mon amie. Tout à toi…. » (Jean Savant – « Napoléon et Joséphine » Fayard – 1960 – p. 201) - (Corresp 11793). 

·         Il écrit à Duroc : « …Si les événements qui viennent de se passer ne portent pas le général Essen à s’éloigner, il est convenable que vous écriviez au prince Jérôme de mettre en marche une division bavaroise de 8 à 10 000 hommes sur Varsovie ; il recevra en attendant mes ordres. Pressez l’arrivée du contingent saxon à Posen… » (Corresp 11794). 

·         Il écrit à d’Hautpoul : « …M. le général d’Hautpoul, j’ai été extrêmement touché de la lettre que vous m’avez écrite. Votre blessure n’est pas de nature à priver votre fils de vos soins. Vous vivrez encore pour charger à la tête de votre intrépide division et vous couvrir d’une nouvelle gloire. Vous et vos enfants vous pouvez compter sur l’intérêt que je vous porte… » (Corresp 11795). 

·         Il réunit un conseil de guerre pour prendre l’avis de ses généraux. Murat et Ney veulent poursuivre Bennigsen et marcher sur Koenigsberg ; Soult fut d’avis de se retirer derrière la Passarge, d’en fortifier les retranchements, d’attendre que les soldats se remettent de leur fatigue et que les renforts arrivent. Ce fut l’avis de Soult qui l’emporta et dans le 58e bulletin de l’armée, l’Empereur annoncera la reprise des cantonnements par l’armée. 

·         Il dicte le 58e bulletin de la Grande armée, où il commence par le combat d’Eylau, du 7 : « …A un quart de lieue de la petite ville de Preussich-Eylau est un plateau qui défend le débouché de la plaine. Le maréchal Soult ordonna au 46e et au 18e régiment de ligne de l’enlever. Trois régiments qui le défendaient furent culbutés. Mais, au même moment, une colonne de cavalerie russe chargea l’extrémité de la gauche du 18e, et mit en désordre un de ses bataillons ; les dragons de la division Klein s’en aperçurent à temps. Les troupes s’engagèrent dans la ville d’Eylau. L’ennemi avait placé dans une église et dans le cimetière plusieurs régiments. Il fit là une opiniâtre résistance ; et, après un combat meurtrier de part et d’autre, la position fut enlevée à 10 h du soir. La division Legrand prit ses bivouacs au-dessus de la ville, et la division Saint-Hilaire à la droite. Le corps du maréchal Augereau se plaça sur la gauche. Le corps du maréchal Davout avait, dès la veille, marché pour déborder Eylau et tomber sur le flanc gauche de l’ennemi, s’il ne changeait pas de position. Le maréchal Ney était en marche pour le déborder sur son flanc droit. C’est dans cette position que la nuit se passa… » ; puis il relate la bataille d’Eylau : « …A la pointe du jour l’ennemi commença l’attaque par une vive canonnade sur la ville d’Eylau et sur la division Saint-Hilaire. L’Empereur se porta à la position de l’église que l’ennemi avait tant défendue la veille. Il fit avance le corps du maréchal Augereau, et fit canonner le monticule par 40 pièces d’artillerie de sa Garde. Une épouvantable canonnade s’engagea de part et d’autre. L’armée russe rangée en colonne, était à demi portée de canon ; tout coup frappait. Il parut un moment, aux mouvements de l’ennemi, qu’impatienté de tant souffrir il voulait déborder notre gauche. Au même moment, les tirailleurs du maréchal Davout se firent entendre et arrivèrent sur les derrières de l’armée ennemie. Le corps du maréchal Augereau déboucha en même temps en colonnes, pour se porter sur le centre de l’ennemi, et, partageant ainsi son attention, l’empêcher de se porter tout entier contre le corps du maréchal Davout ; la division Saint-Hilaire déboucha sur la droite, l’un et l’autre devant manœuvrer pour se réunir au maréchal Davout. A peine le corps du maréchal Augereau et la division Saint-Hilaire eurent-ils débouché, qu’une neige épaisse, et telle qu’on ne distinguait pas à deux pas, couvrit les deux armées. Dans cette obscurité le point de direction fut perdu, et les colonnes s’appuyant trop à gauche, flottèrent incertaines. Cette désolante obscurité dura une demi-heure. Le temps s’était éclairci, le grand-duc de Berg à la tête de la cavalerie, soutenu par le maréchal Bessières à la tête de la Garde, tourna la division Saint-Hilaire et tomba sur l’armée ennemie…La cavalerie ennemie, qui voulut s’opposer à cette manœuvre, fut culbutée ; le massacre fut horrible. Deux lignes d’infanterie russe furent rompues ; la troisième ne résista qu’en s’adossant à un bois…Cette charge brillante et inouïe, qui avait culbuté plus de 20 000 hommes d’infanterie et les avait obligé à abandonner leurs pièces, aurait décidé sur-le-champ la victoire, sans le bois et quelques difficultés de terrain. Le général de division d’Hautpoul fut blessé d’un biscaïen. Le général Dahlmann, commandant les chasseurs de la Garde, et un bon nombre de ses intrépides soldats, moururent avec gloire…Pendant ce temps, le corps du maréchal Davout, débouchait derrière l’ennemi. La neige, qui, plusieurs fois dans la journée, obscurcit le temps, retarda aussi sa marche et l’ensemble de ses colonnes. Le mal de l’ennemi est immense ; celui que nous avons éprouvé est considérable. Trois cents bouches à feu ont produit la mort de part et d’autre pendant douze heures. La victoire longtemps incertaine fut décidée et gagnée lorsque le maréchal Davout déboucha sur le plateau et déborda l’ennemi…Au même moment, le corps du maréchal Ney débouchait par Althof sur la gauche, et poussait devant lui le reste de la colonne prussienne échappée au combat de Deppen. Il vint se placer le soir au village de Schmoditten ; et par là l’ennemi se trouva tellement serré entre les corps des maréchaux Ney et Davout, que craignant de voir son arrière-garde compromise, il résolut, à huit heures du soir, de reprendre le village de Schmoditten. Plusieurs bataillons de grenadiers russes, les seuls qui n’eussent pas donné, se présentèrent à ce village ; mais le 6e régiment d’infanterie légère les laissa approcher à bout portant et les mit dans une entière déroute…Le maréchal Augereau a été blessé d’une balle. Les généraux Desjardins, Heudelet, Lochet ont été blessés. Le général Corbineau a été enlevé par un boulet. Le colonel Lacuée, du 63e, et le colonel Lemarois du 43e, ont été tués par des boulets. Le colonel Bouvières, du 11e régiment de dragons n’a pas survécu à ses blessures…Notre perte se monte exactement à 1 900 morts et 5 700 blessés…Tous les morts ont enterrés dans la journée du 10. On a compté sur le champ de bataille 7 000 Russes…L’aigle d’un des bataillons du 18e régiment ne s’est pas retrouvée ; elle est probablement tombée entre les mains de l’ennemi. On ne peut en faire un reproche à ce régiment : c’est, dans la position où il se trouvait, un accident de guerre ; toutefois l’Empereur lui en rendra une autre lorsqu’il aura pris un drapeau à l’ennemi. Cette expédition est terminée, l’ennemi battu et rejeté à cent lieues de la Vistule. L’armée va reprendre ses cantonnements et rentrer dans ses quartiers d’hiver… » (Corresp 11796 – publiée au « Moniteur » du 24 février). 

·         Bennigsen, qui avait profité de l’obscurité pour s’écouler silencieusement par sa droite devant les bivouacs de Ney vers Koenigsberg, fait annoncer une grande victoire russe à Alexandre : « …La bravoure et le courage inébranlable des Russes ont arraché une victoire disputée depuis longtemps… » Alexandre le félicitera en ses termes : « …Je vous félicite d’avoir eu la glorieuse fortune de vaincre celui qui n’avait jamais été vaincu…Je vous avoue que mon seul regret a été d’apprendre que vous avez reconnu nécessaire de vous replier… » De fait, dans toute l’Europe, Eylau apparaîtra comme un échec pour Napoléon. 

·         Le Sanhédrin, composé de 45 rabbins et de 26 laïcs se réunit à Paris, dans la salle Saint-Jean.

C.F

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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 00:00

François Mireur

 

François Mireur, né à Escragnolles le 9 février 1770, décédé à Damanhur, pendant la campagne d'Égypte, le 21 messidor an VI (9 juillet 1798).

 

C'est à dix-neuf ans que François Mireur arrive à Montpellier après une enfance sereine. Il veut y suivre des cours à la Faculté de Médecine. « C'était en 1789, j'y retrouvais mon cousin Chiris, abbé de l'église Saint Denis. Auprès de lui j'ai puisé ardeur et soutien qui m'ont amené à devenir docteur en médecine à l'âge de vingt-deux ans en 1792 ». Un titre dont il ne se servira guère. Tout le pays en effet est occupé par la Révolution. Depuis la convocation des États généraux, la prise de la Bastille, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, le vote de la Constitution, avait émergé à Montpellier une immense exaltation patriotique. 

 

En 1790, avec les montpelliérains Cambon, Cambaceres et le maire Durand, le jeune Mireur participe à l'action du club des amis de la Constitution et de l'égalité à l'image du célèbre club des Jacobins de Paris.

 

« Mon zèle, ma philanthropie firent de moi le capitaine de la garde nationale de Montpellier, laquelle avec d'autres citoyens s'empara de la vieille citadelle royale dans la nuit du 1er au 2 mai. Ce fut notre Bastille ! ». 

 

Adepte des idées nouvelles, probablement franc-maçon, Mireur fit de nombreuses propositions : rendre publiques les séances du Conseil Municipal de la Commune, supprimer les différences entre les riches et les pauvres lors des enterrements, dispenser gratuitement l'enseignement aux enfants, lutter contre la présence des chiens enragés dans la commune...

 

En 1792, il se rend à Marseille pour organiser la fusion des volontaires des deux villes qui s'engageaient pour combattre l'Autriche. Le 22 juin, au cours du repas donné en son honneur au lendemain d'un discours devant le club des Amis de la Constitution, il entonne pour la première fois le Chant de Guerre pour l'Armée du Rhin, composé par Rouget de Lisle. Adopté par les volontaires marseillais qui le chanteront au cours de leur marche vers Paris en juillet, le chant deviendra ainsi la Marseillaise.

 

Arrivé à Paris pour rejoindre le bataillon de l'Hérault, il se rend sur le front, combat à Argonne, à Valmy, part avec l'armée de Dumouriez conquérir la Belgique et la Hollande. Officier à l'armée d'Allemagne, chef de l'état-major de Bernadotte, il conduit les renforts commandés par ce dernier en Italie et prend une part glorieuse au passage du Tagliamento, à la prise de Gradisca, Trieste, Laybach, et découvre les mines d'argent d'Idria. Il se distingue par sa bravoure dans l'Armée d'Italie et est fait général, grade qu'il aurait refusé par deux fois.

 

Bonaparte l'affecte à l'armée de Rome commandée par Berthier, puis au commandement de la cavalerie de l'avant-garde de l'armée d'Orient, sous Desaix. Il meurt à l'âge de 28 ans, pendant la campagne d'Égypte: « C'est pendant le séjour de l'Armée à Damanhour, le 21 messidor, que fut tué le général de brigade Mireur, officier distingué. 

 

Les Arabes n'avaient point cessé de harceler les Français dans leur marche, et ils rôdaient autour du campement des divisions. Le général venait d'acheter un cheval arabe, et voulut sortir du camp pour l'essayer. Les avant-postes lui firent de vaines représentations sur les dangers auxquels il s'exposait en s'éloignant ; poussé par la fatalité, Mireur ne tint pas compte de ces avis et se porta au galop sur un monticule à deux cents pas des postes. Trois Arabes embusqués dans cet endroit entourèrent le général, le tuèrent et le dépouillèrent avant que les soldats de garde ne pussent venir à son secours ».

 

Les circonstances de sa mort ont fait l'objet de différents récits qui méritent attention. Plus que ce qui précède, la version qui semble la plus proche de la réalité est qu'à la suite d'un conseil de guerre réuni à Damanhour en raison de la gravité de la situation des troupes, durement éprouvées par la traversée du désert depuis Alexandrie, Mireur aurait recommandé de rembarquer pour l'Europe. Il s'agissait de s'assurer de la paix continentale en priorité, avant de revenir éventuellement en Égypte, avec une armée mieux préparée. 

 

Dans ses mémoires militaires, Desvernois aurait reconstitué l'intervention de Mireur au conseil de guerre: "Le Directoire n’a eu qu’une pensée, aurait-il affirmé, éloigner d’Europe le héros qui portait ombrage à son insatiable ambition et son armée d’invincibles. Au lieu de mettre le pied en Égypte, il était prudent, une fois Malte conquise, de revenir sur la Sicile et de s’en emparer, de concert avec l’armée de Rome et des États romains. Le Directoire exécutif devait à sa dignité d’agir de la sorte. 

 

Ne savait-il pas que le perfide gouvernement de Naples, cédant aux sollicitations de l’Angleterre, venait de rentrer dans une coalition contre la France ? Quant à la Sardaigne, elle accepterait facilement une garnison jusqu’à la paix générale. Maîtres de Turin, nous tenions son roi. Dès lors, toute la Méditerranée nous appartenait, puisque Corfou, les îles ioniennes, Ancône et tout le littoral de la mer Adriatique étaient gardés par nos troupes ; les Anglais n’oseraient plus s’y montrer et l’on pourrait à loisir, par l’Égypte et la Syrie, marcher sur les Indes. Toutes ces grandes choses sont encore faciles à exécuter si l’armée regagne au plus vite ses vaisseaux et ses transports. On reviendra en Égypte plus tard, sans crainte de la marine anglaise ; on aura le temps de s’entendre avec la Sublime Porte pour chasser les Mamelouks et lui payer plus fidèlement que ces usurpateurs le tribut qu’elle exige. La France n’a-t-elle pas la pensée de faire de l’Égypte et de la Syrie des comptoirs qui jalonneront la route vers les colonies qu’elle établira dans l’Hindoustan, après qu’elle en aura chassé les Anglais ?"

 

Cet affront aurait valu à Mireur d'être suspendu de son commandement par Bonaparte qui aurait désigné le général Leclerc, son beau-frère, pour prendre la tête de la cavalerie d'avant-garde. Blessé, Mireur aurait, à la suite du conseil, cherché à s'isoler en dépassant les avant-postes, malgré les avis des officiers et généraux présents, dans un emportement qui lui coûtera la vie. La version de Bonaparte dans ses récits de la Campagne d'Egypte est plus succincte: "Le général de brigade Mireur, se rendant d'un bivouac à un autre malgré les observations qui lui firent les grand'gardes, fut surpris dans une petite vallée à cent pas d'elles par quatre Arabes et percé de coups de lance. C'était un officier distingué. L'armée le regretta."

 

Napoléon fit une halte à Escragnolles à son retour de l'île d'Elbe et demanda à rencontrer la mère du général Mireur.

 

Une grande plaque en faïence colorée en l'honneur de "François Mireur Héros de la Marseillaise" est apposée à l'entrée d'Escragnolles.

 

Son nom est inscrit sur la 28e colonne de l'arc de Triomphe (au sommet du pilier sud, face à l'avenue Kleber) et sur les tables de bronze des galeries historiques de Versailles.

 

 

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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 00:00

Le Général Joachim Jérôme QUIOT du PASSAGE 

 

L'acte de naissance de l'aîné est ainsi rédigé : " L'an 1775 et le 9 février a été baptisé Jérôme-Joachim Quiot né ce jour d'huy, fils légitime de sieur Jérôme-François Quiot Bourgeois dudit Alixan et de Demoiselle Elisabeth Rollet, mariés. Le parrain a été Maître Guilhaume-Joachim Charbonnel, notaire Royal (mot rayé), et la marraine demoiselle Marie-Grégoire son épouse dudit lieu, qui ont signé avec nous, Chaulet vicaire. " 

 

Signe de la notoriété familiale, Joachim obtient une bourse qui lui permet de rentrer au prestigieux collège des Oratoriens de Tournon, un des douze du royaume.

 

Esprit rebelle, le jeune homme à peine âgé de seize ans abandonne son pupitre et s'engage en octobre 1791 dans le 3ème bataillon des volontaires de la Drôme où il côtoie le futur maréchal Victor.

 

Passé à l'armée des Alpes il devient caporal en août 1792, sergent-major le 1er septembre, et capitaine en janvier 1793.

 

Il sert à l'armée des Pyrénées-Orientales jusqu'en 1795 avant de rejoindre l'armée d'Italie. 

 

Le 23 mai 1796, il est nommé aide de camp du général Victor que l'Empereur surnommera " L'épicier de Valence ".

 

Blessé au combat de Rivoli le 29 juillet 1796, il est provisoirement muté à l'armée d'Angleterre puis retrouve la péninsule.

 

Quiot se signale au combat de Pastrengo en mars 1799.

 

Nommé chef de bataillon le 23 avril, puis chef d'escadron par Victor, il sert à la difficile bataille de Marengo sous Bonaparte le 14 juin 1800, où il perd tous ses équipages. 

 

Désigné pour accompagner Victor en Louisiane en 1802, Quiot reste à ses côtés en Hollande en 1803 et 1804 lorsque l'expédition est annulée par Bonaparte qui a vendu le territoire aux Etats-Unis.

 

Nommé aide de camp du Maréchal Lannes le 5 août 1805, il devient colonel du 100ème de ligne de la Grande Armée en décembre 1805.

 

Blessé d'un coup de feu au bras droit à Iéna le 14 octobre 1806, il passe à l'armée d'Espagne en septembre 1808. 

 

Nommé baron de l'Empire le 21 décembre 1808, Quiot participe à la pacification ratée de l'Espagne.

 

A nouveau blessé d'un coup de biscayen à la tête au siège de Badajoz le 7 février 1811, il sert néanmoins à la Gebora en février, puis au combat de Campo-Mayor en mars.

 

Blessé d'un coup de baïonnette à la cuisse gauche à la bataille d'Albufera le 16 mai 1811, il est nommé général de brigade trois jours plus tard. Vainqueur du général espagnol Ballesteros près de Niebla en août 1811, Jérôme-Joachim Quiot termine sa campagne espagnole sur ce coup d'éclat. 

 

En avril 1813, Quiot revient dans la Drôme pour épouser Marie-Anne-Rose Rostaing âgée de vingt ans, fille d'une riche famille de commerçant de Saint Vallier qui lui donnera deux filles.

 

Le 28 avril 1813, ses devoirs conjugaux accomplis, il part pour le camp d'Utrecht. Le 29 juillet 1813, il est muté au corps d'observation de Bavière. Passé au prestigieux 1er corps de la Grande Armée, il commande la seconde brigade de la 23ème division. Grièvement blessé d'un coup de feu qui lui traverse l'omoplate de l'épaule droite, il est fait prisonnier à Kulm le 30 août 1813. Rentré en France en mai 1814, il est nommé au commandement du département de la Drôme en juin par le comte Dupont, l'ex vaincu de Baylen, et devient le même jour Chevalier de l'Ordre de Saint-Louis. 

 

Lors des Cent-Jours en mars 1815, Quiot s'exprime en termes virulents sur le retour de l'Empereur qu'il traite d'usurpateur " Bonaparte ose souiller de sa présence une terre à laquelle il a renoncé et qui l'a proscrit … " Puis, présageant un éventuel succès qui assurerait définitivement sa gloire, il s'empresse de rejoindre Napoléon.

 

En avril, il est finalement employé au 1er corps d'observation de Drouet d'Erlon qui va devenir l'armée du Nord et participe à la désastreuse bataille de Waterloo le 18 juin. 

 

Conscient d'avoir effectué un mauvais choix, Quiot se répand alors dans des lettres affligeantes où il démontre la bassesse de ses convictions entièrement tournées vers ses propres intérêts.

 

Sa conduite est sévèrement jugée par le roi qui le maintient pourtant en activité malgré plusieurs rapports très défavorables sur son comportement passé.

 

Le 1er septembre 1815, il commande à nouveau le département de la Drôme, puis celui de la Haute-Vienne le 28 novembre avant de retrouver sur sa demande son département d'origine en octobre 1817.

 

Nommé à la 7ème division militaire en mars 1818 par le maréchal Gouvion Saint-Cyr, ministre de la Guerre, il est grand officier de la Légion d'honneur en août 1822 et mis en disponibilité en juillet 1823. 

 

En août 1825, son ancien compatriote Victor, devenu duc de Bellune et ministre de la Guerre à son tour, le fait généreusement nommer lieutenant-général.

 

Officiellement admis à la retraite le 19 mars 1831 avec le grade de général de division, Quiot obtient une pension annuelle de 6 000 francs par ordonnance royale du 10 juillet 1831. 

 

Conseiller général de l'Isère pour le canton de Virieu, Jérôme-Joachim Quiot, devenu du Passage, met sa passion communicative au service de ses compatriotes.

 

Pendant plusieurs années il défend avec enthousiasme et générosité ses concitoyens et tout ce qui touche à l'agriculture de son canton. Retiré dans sa propriété des Balmes de Fontaine près de la commune du Passage en Isère, dont il est maire depuis plusieurs années, il meurt le 12 janvier 1849. Son nom est inscrit au côté sud de l'Arc de triomphe de l'Etoile. 

 

Association Bonaparte à Valence

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8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 00:00

 Louis Henri René Meynadier

 

Député de 1831 à 1847, né à Saint-André (Gard) le 8 février 1778, mort à Paris le 29 juin 1847, il entra au service, en 1791, comme volontaire au 1er bataillon du Gard, devint sergent-major un an après, et, attaché aux adjudants-généraux à l'armée des Pyrénées-Orientales, se distingua à Rivesaltes et à Peyretorto où il fut blessé. 

 

Fait prisonnier le 4 octobre 1794, il ne rentra en France que l'année suivante, passa alors capitaine au 1er bataillon de la Lozère, et fut nommé par le général Brune adjoint aux adjudants des armées d'Italie et aide de camp du général Vignolles. A la rupture de la paix d'Amiens, il fit partie de la grande armée; chef de bataillon après Austerlitz, colonel après Wagram, chef d'état-major de Mortier en 1812, chef d'état-major de la garde impériale pendant la campagne de Saxe, il fut promu général de brigade après Leipsig, où il lutta héroïquement, et passa ensuite au 6e corps d'armée qui eut tant à souffrir durant la campagne de 1814. 

 

A la première Restauration, il fut versé, comme lieutenant-commandant, à la 4e compagnie des gardes du corps, et, en mai 1815, en qualité de chef d'état-major de la maison militaire du roi, accompagna Louis XVIII jusqu'à Béthune, où il procéda au licenciement des troupes de la garde royale restées sous ses ordres. Employé à l'armée des Alpes sous Suchet (1815), il commanda l'arrière-garde pendant la retraite sur Lyon, sut contenir les alliés, et battit même les Autrichiens près de Nantua. 

 

Créé comte le 23 décembre 1815, il prit part à la guerre d'Espagne en 1823, comme chef d'état-major du 3e corps d'armée, qui, commandé par le prince de Hohenlohe, occupa les provinces basques. Nommé major-général de l'armée d'occupation, il resta en Espagne jusqu'en 1825, devint alors général de division, et fut chargé de nombreuses inspections. En 1827, il commanda la 9e division militaire à Montpellier, et, en 1829, la 19e à Clermont. Il était grand-croix de la Légion d'honneur. 

 

Après la révolution de 1830, M. Meynadier entra dans la vie politique. Conseiller général du Gard en 1831, fonctions qu'il conserva jusqu'à sa mort, il fut successivement élu député du 2e collège de la Lozère (Florac), le 6 septembre 1831, en remplacement de M. Pelet de la Lozère qui avait opté pour Toulouse, avec 76 voix (106 votants, 148 inscrits), contre 25 voix à M. Monestier juge ; le 21 juin 1834, par 87 voix (123 votants, 151 inscrits), contre 34 voix à M. André; le 4 novembre 1837, par 117 voix (119 votants, 166 inscrits); le 2 mars 1839, par 113 voix (121 votants). Cette élection ayant été annulée, M. Meynadier se représenta devant ses électeurs qui lui renouvelèrent son mandat, le 15 juin suivant, par 109 voix ( 130 votants) ; invalidé une deuxième fois, il fut encore renommé le 24 août de la même année, par 107 voix (121 votants), puis réélu de nouveau, le 9 juillet 1842, par 95 voix (153 votants, 183 inscrits), contre 58 voix à M. Daudé. 

 

M. Meynadier ne cessa pas de faire partie de la majorité ministérielle ; il approuva la loi de disjonction et l'adresse de 1839, vota pour la dotation du duc de Nemours, pour les fortifications de Paris, pour le recrutement, contre les incompatibilités, contre l'adjonction des capacités, pour l'indemnité Pritchard, et repoussa les mesures réclamées par l'opposition. Il mourut en juin 1847, et fut remplacé, le 7 août suivant, par M. Daudé.

 

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)  

 

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8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 00:00

Jean Urbain Fugière

 

 

né le 8 février 1752 à Valence (Drôme)

 

mort le 17 décembre 1813 en Avignon

 

général français de la révolution et de l’Empire.

 

Soldat dans le régiment de Barrois-Infanterie le 22 mai 1770, caporal le 15 février 1773, sergent le 25 avril 1775, il fit sur mer les campagnes de 1780 et 1781, à la suite desquelles il obtint le grade de sergent-major, le 20 juin de cette dernière année.

 

En cette qualité, chargé d'une classe d'exercice, il s'acquitta de cette tâche de manière à mériter des propositions d'avancement ; mais préférant prendre son congé, il rentra dans ses foyers le 15 avril 1784.

 

Élu capitaine dans le 3e bataillon de volontaires nationaux de la Drôme, le 12 octobre 1791, il partit bientôt après pour l'armée des Alpes, et, à la tête de 3 compagnies d'élite, il repoussa les troupes piémontaises dans les sept excursions qu'elles firent sur le bourg de Seez, situé au pied du petit Saint-Bernard, les 14, 18, 19, 23 et 30 octobre, 5 et 12 novembre 1792 : il était alors sous les ordres du général Dubourg.

 

Chef de bataillon le 4 août 1793, il vint au siège de Lyon, et, le 5 septembre, le directoire du district de Roanne l'envoya mettre en réquisition la force armée, les subsistances, les munitions et les chariots nécessaires à l'armée.

 

Dans cette mission, il sut respecter les personnes et les propriétés, laissant l'agriculteur et l'artisan à leurs travaux, évitant d'affamer les localités et s'attachant surtout à ne point outre-passer la sévérité de la loi.

 

Il tint la même conduite pendant tout le temps qu'il commanda l'avant-garde à Montbrisou et à Villefranche (Aveyron)

 

Il parvint à dissiper, sans coup férir, un rassemblement de 600 individus armés, action qui lui valut un certificat de civisme des représentants Châteauneuf-Randonet-Paganel. 

 

Il rejoignit ensuite avec son bataillon l'armée des Pyrénées orientales, où il arriva dans les premiers jours de l'an II, et, toujours aux avant-postes, il repoussa le 30 brumaire an III, avec une poignée d'hommes, une forte colonne ennemie qui tentait de prendre en flanc la division Sauzet.

 

Nommé chef de la 18e demi-brigade de bataille le 20 prairial an III, il assista en cette qualité au combat de Roveredo, où il eut un cheval tué sous lui. À la bataille de Rivoli, le général en chef passant devant sa troupe lui dit : « Brave 18e, je vous connais, l'ennemi ne tiendra pas devant vous. »

 

La bataille fut gagnée et Fugière obtint l'honneur de faire broder ces paroles sur son drapeau.

 

Le 13 ventôse an VI, il fut chargé, avec 1 500 hommes, d'emporter le pont de Munich, poste formidable défendu par 22 pièces de canon et 7 000 hommes ; Fugière, s'en empara en peu d'instants, et fut fait général de brigade le 23 mars 1798 en considération de sa conduite, à cette affaire.

 

Attaché à la division Reynier pendant l'expédition d'Égypte, il assista à tous les combats qui précédèrent la conquête du Caire, ainsi qu'à la bataille des Pyramides, où il fit preuve d'une grande valeur.

 

Le 7 thermidor an VII, à la bataille d'Aboukir, chargé d'attaquer par la droite les retranchements relevés par l'ennemi au bord de la mer, il fut atteint par une balle à la tête et reçut un autre coup de feu au bras gauche : il se retirait tout sanglant du champ de bataille, lorsqu'un boulet lui emporta ce même bras et nécessita l'amputation immédiate à l'articulation, opération douloureuse qui le mit un moment en danger de mort, et qu'il subit courageusement au milieu du feu et en présence du général en chef.

 

En récompense de sa conduite, le général en chef lui fit don de son propre sabre, sur lequel il avait fait graver : « Bataille des Pyramides, bataille d'Aboukir, le général en chef Kléber au général de brigade Fugière, au nom du Directoire exécutif. »

 

Rentré en France après la capitulation française au siège d'Alexandrie, il débarqua à Toulon avec l'armée, où il apprit que, dès le 29 frimaire an IX, le premier Consul avait pris un arrêté pour lui confier le commandement en chef de la succursale d'invalides qu'on devait incessamment établir dans la 8e division militaire.

 

Napoléon Bonaparte lui confirma lui-même cette nouvelle par une lettre datée de Paris du 8 frimaire an X, et ainsi conçue : J'ai reçu, citoyen général, votre lettre de la quarantaine : au poste d'Avignon, comme à la têle de la 18e, vous ferez toujours votre devoir avec honneur et d'une manière distinguée. Comptez sur mon estime et les sentiments que j'ai pour vous.

« BONAPARTE »

 

Le 24 ventôse an X, le général Fugière fut définitivement installé dans son nouveau poste, où il reçut les décorations de membre de la Légion d'honneur le 25 prairial an XII et d'officier de cet Ordre le 5 nivôse an XIII. Napoléon, à son passage à Lyon, le 24 germinal de la même année, le créa commandeur de la Légion d'honneur ; et le 18 février 1812, il reçut l'ordre de cumuler son commandement des Invalides avec celui du département de Vaucluse.

 

Le général Fugière est mort le 17 décembre 1813. Il est enterré au cimetière Saint-Véran d'Avignon.

 

« Jean Urbain Fugière », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850,‎ 1852

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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 00:00

du 1er février au 6 mars 

 

général Delmas

 

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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 00:00

François-Antoine

comte de Boissy d'Anglas

 

Député aux états généraux de 1789, membre de la Convention, député au Conseil des Cinq-Cents, membre du Tribunat, membre du Sénat conservateur et pair de France, né à Saint-Jean-Chambre (Ardèche), le 8 décembre 1756, mort à Paris, le 20 octobre 1826.

Issu d'une famille protestante, il avait été reçu avocat au Parlement de Paris avant la Révolution, avait acheté la charge de maître d'hôtel de Monsieur (depuis Louis XVIII), mais s'était exclusivement occupé de littérature, et était membre de plusieurs Académies de province, et correspondant de l'Académie des inscriptions et belles-lettres de Paris.Ses œuvres littéraires, dans lesquelles il défendait les principes de la Révolution, le firent élire, le 25 mars 1789, député du tiers aux Etats-Généraux par la sénéchaussée d'Annonay. Il y vota avec la majorité, aborda rarement la tribune, demanda des mesures sévères contre le camp de Jalès devenu pour le Midi un foyer de guerre civile, dénonça un mandement réactionnaire de l'archevêque de Vienne, et prit la défense des hommes de couleur. Un libelle, publié à cette occasion, ayant porté son nom sur la liste des députés qui ont voté pour l'Angleterre contre la France, il protesta (mai 1791) contre cette assertion, en ajoutant que les députés qui avaient voté autrement « étaient de ceux qu'on appelle du côté droit, et dont les opinions ne passent pas pour excessivement populaires ».Après la session, il fut nommé procureur-syndic de l'Ardèche et déclara, dans sa lettre d'acceptation (27 décembre 1791), qu'« il était attaché à la Constitution, et la regardait comme le plus bel ouvrage que des hommes aient pu créer. » Il montra dans ce poste, alors difficile, autant de justice que de fermeté, notamment lorsqu'il défendit en personne et sauva les prêtres enfermés dans la prison d'Annonay et qu'une bande armée voulait massacrer. C'est sur son initiative que le directoire de l'Ardèche réclama à l'Assemblée législative un arrêté sur les formes nouvelles des actes d'état civil.Le 4 septembre 1792, le département de l'Ardèche l'élut à la Convention par 288 voix sur 387 votants; il fut envoyé en mission à Lyon, avec Vitet et Legendre, pour y rétablir l'ordre, puis, chargé de veiller à l'approvisionnement de l'armée des Alpes, il revint à la Convention pour le jugement de Louis XVI. Il vota pour l'appel au peuple, pour le sursis, et répondit au 3e appel nominal : « Il s'agit moins pour moi d'infliger un juste châtiment, de punir des attentats nombreux, que de procurer la paix intérieure. Je rejette donc l'opinion de ceux qui veulent faire mourir Louis ; je vote pour que Louis soit retenu dans un lieu sûr, jusqu'à ce que la paix et la reconnaissance de la République par toutes les puissances permettent d'ordonner son bannissement hors du territoire, »Après ce vote, il se tint à l'écart jusqu'au 9 thermidor, vota pourtant avec les Girondins, et, après le 31 mai 1793, protesta, dans une lettre adressée au vice-président de l'administration centrale de l'Ardèche, contre la tyrannie de la Montagne. Cette pièce fut souvent dénoncée au comité de sûreté générale, mais Voulland, qui était lié avec Boissy d'Anglas, parvint toujours à l'écarter.Après le 9 thermidor, Boissy d'Anglas fut nommé secrétaire de la Convention, octobre 1794, membre du comité de Salut public (5 décembre suivant), avec mission de veiller à l'approvisionnement de la capitale; à ce poste, il gagna, dans les pamphlets du jour, le surnom de Boissy-Famine, et s'éleva contre les menaces apportées par les sections à la barre de la Convention; il était à la tribune, le 1er avril 1795, présentant un rapport sur les subsistances, quand la salle fut envahie par une foule criant : Du pain et la Constitution de 1793. Boissy d'Anglas ne quitta pas la tribune, et quand la foule prise de peur se retira, au bruit de la générale et au son du tocsin, il acheva froidement la lecture de sou rapport.Il présenta à la Convention, le 3 ventôse an III, au nom des comités de salut public, de sureté générale et de législation réunis, un rapport sur la séparation des églises et de l'Etat, et fit adopter le décret suivant: « Art. 1er: Conformément à l'article VII de la déclaration des droits de l'homme, et à l'article CXXII de la Constitution, l'exercice d'aucun culte ne peut être troublé. - Art. 2: La République n'en salarie aucun. - Art. 3: Elle ne fournit aucun local ni pour l'exercice du culte ni pour le logement des ministres. » etc.Le 1er prairial, les faubourgs Saint-Antoine et Saint-Marceau soulevés venaient d'envahir l'Assemblée. Verneret, puis André Dumont avaient tour à tour abandonné le fauteuil de la présidence, impuissants devant l'émeute ; Boissy d'Anglas l'occupa à son tour, et resta impassible devant les menaces armées d'hommes et de femmes ivres de colère et de vin ; le député Kevelgan est frappé de coups de sabre ; Féraud est égorgé, et sa tête est présentée au bout d'une pique à Boissy d'Anglas, qui la salue avec respect. Cette scène horrible ne cessa qu'à la nuit, à l'arrivée de la garde-nationale. Le lendemain lorsque Boissy d’Anglas parut à la tribune, il fut salué d'unanimes applaudissements, et Louvet lui fit voter un hommage public de reconnaissance.Il fut nommé membre du comité de constitution, déposa, le 13 juin 1795, un rapport relatif à la conservation des places fortes de la Hollande, et aux colonies, prononça (27 août), sur la situation de l'Europe, un important discours, où il demandait d'adoucir la sévérité des lois révolutionnaires, et dont la Convention ordonna la traduction en plusieurs langues; il réclama la présentation, par le comité de l'instruction publique, d'une liste des Français qui méritaient une statue, et fut le rapporteur du projet de Constitution de l'an III (13 juin 1795), que les Jacobins appelèrent la Constitution babebibobu, par allusion au léger bégayement du rapporteur.Quelque peu compromis dans le mouvement des sections au 13 vendémiaire, ainsi que par la correspondance saisie sur un intrigant royaliste nommé Lemaire, il n'en fut pas moins élu au Conseil des Cinq-cents, le 22 vendémiaire an IV, par 72 départements ; il opta pour l'Ardèche, qui lui avait donné 191 voix sur 218 votants. Secrétaire de cette Assemblée, il appuya la demande de mise en liberté présentée par les femmes de Collot d’Herbois et de Billaud-Varennes, parla en faveur de la liberté illimitée de la presse, fut élu président de l'Assemblée (19 juillet 1796), s'opposa à l'amnistie réclamée pour les faits révolutionnaires, vota contre la loi qui excluait les parents d'émigrés des fonctions publiques, et accusa le Directoire de protéger le vice.Il avait été réélu, par le département de la Seine, au Conseil des Cinq-Cents, le 22 germinal an V, avec 525 voix. Affilié au parti clychien, il fut proscrit au 18 fructidor, mais il réussit à se cacher, puis vint, deux ans après, se constituer prisonnier à l'île d'Oléron, au moment où le coup d'Etat de brumaire allait lui rendre sa liberté.Le 4 germinal an IX, il fut nommé membre du Tribunat, puis membre du Sénat conservateur le 28 pluviôse an XII, de la Légion d'honneur le 4 frimaire an XII, et commandeur du même ordre, le 25 prairial suivant, créé comte de l'Empire le 26 avril 1808, et grand officier de la Légion d'honneur le 30 juin 1811.En 1814, Napoléon l'envoya comme commissaire extraordinaire dans la 12e division militaire (La Rochelle), où il sut organiser la résistance et maintenir la paix intérieure. C'est de là qu'il envoya son acte d'adhésion à la déchéance de Napoléon prononcée par le Sénat.Louis XVIII le nomma pair de France (4 juin 1814).L'empereur, de retour de l'île d'Elbe, le chargea pourtant de mettre le Midi en état de défense, et le créa pair des Cent-Jours (2 juin 1815).Après Waterloo, Boissy d'Anglas vota contre l'avènement de Napoléon II, fut éliminé de la Chambre des pairs au retour de Gand (24 juillet 1815), puis réintégré par une ordonnance royale du 17 août suivant, et compris dans la réorganisation de l'Institut (21 mars 1816). Son nom ne figure pas dans le scrutin du jugement du maréchal Ney. À la Chambre haute, il se montra le défenseur des libertés publiques, réclama (1818) l'application du jury aux procès de presse, combattit la modification de la loi électorale, et contribua à faire rappeler d'exil plusieurs conventionnels atteints par la loi du 12 janvier 1816 contre les régicides.Boissy d'Anglas a publié un grand nombre d'ouvrages politiques et littéraires, entre autres :- Essai sur les fêtes nationales (1794) ;- Mémoire sur les limites futures de la République française (1795) ;- Discours sur la liberté de la presse (1817) ;- Essai sur M. de Malesherbes (1819) ;- Recueil de divers écrits en prose et en vers (1825), etc.

 

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 00:00
 

André Burthe

 

naît à Metz le 8 décembre 1772.

 

Il commence sa carrière militaire à l'âge de 19 ans, comme simple soldat, et s’illustre lors des nombreuses campagnes de la Première République et du Premier Empire

 

Il porte au premier consul les drapeaux pris à l’ennemi le 4 juin 1800.

 

En 1803, alors colonel du 4e régiment de hussards, il accompagne le préfet Clément de Laussat à la Nouvelle Orléans  pour la vente de la Louisiane aux Etats-Unis.

 

Il servira en Suisse, en Italie, en Batavie, en Hollande, à Hanovre, à Austerlitz, en Espagne comme colonel au 4e régiment de hussards, puis en Russie et en Belgique.

 

Aucours de sa carrière, il sera fait commandeur de la légion d’Honneur (1806), Baron d’Annelet et de l’Empire (1808), général de cavalerie (1810).

 

 

André Burthe d’Annelet décéda le 2 avril 1830, à Paris.

 

Il est passé à la postérité avec son nom inscrit sur la face nord de l’Arc de Triomphe. Son buste est aussi exposé au Musée de l’Armée aux Invalides.

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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 00:00

Antoine Louis Decrest de Saint-Germain

 

général de division est né le 8 décembre 1761.

 

Decrest entra au service, le 15 février 1778, dans la gendarmerie « dite de Lunéville »

 

Le 20 octobre 1781, il passa, avec le grade de Lieutenant de cavalerie, dans la légion étrangère de Waldemer, et fut admis, le 25 février 1783, dans le corps de la « petite gendarmerie »

 

Le 1er août 1784, il fut rayé des contrôles de cette arme pour des fautes de discipline.

 

La Révolution française lui offrit les moyens de se réhabiliter.

 

Dès le 30 mars 1790, il figurait dans les rangs de la garde nationale parisienne, et, le 22 juillet suivant, le ministre de la Guerre lui envoya une commission de capitaine dans les troupes à cheval. Il fit les campagnes de 1792 et 1793 aux armées du Nord et des Ardennes.

 

Le 16 décembre 1792, il avait été nommé lieutenant-colonel de la légion des Ardennes, et en avait pris le commandement le 24 janvier 1793, avec le grade de chef de brigade. Suspendu de ses fonctions le 4 vendémiaire an II, comme suspecté d'incivisme, il ne fut réintégré à la tête de ce corps, devenu 23e régiment de chasseurs à cheval, que le 26 thermidor an III, après s'être complètement justifié de l'accusation portée contre son patriotisme.

 

Il fit les guerres de l'an IV à l'an VI aux armées du Nord et de Sambre-et-Meuse. Le 4e jour complémentaire an VI, il eut le pied droit fracassé d'un boulet, et se fil remarquer à la bataille de Wiesbaden, devant Mayence, dans une charge brillante de cavalerie ; dans cet engagement (3 floréal an V), il eut deux côtes enfoncées et le bras gauche fracturé.

 

Passé à l'armée du Danube en l'an VII, et à celle du Rhin en l'an VIII, il eut 3 chevaux tués sous lui dans un combat d'avant-garde, le 10 frimaire an IX, et contribua, le 12 frimaire du même mois, à la victoire de Hohenlinden, où il perdit un quatrième cheval.

 

Après les campagnes des ans XI et XII, dans le Hanovre, il fut nommé général de brigade (12 pluviôse an XIII) et employé en cette qualité, le 11 ventôse suivant, dans la 20e division militaire.

 

Il avait reçu, le 19 frimaire an XII, la décoration de membre de la Légion d'honneur, et celle d'officier le 25 prairial de la même année.

 

Au mois de fructidor an XIII, il partit du camp de Boulogne pour aller prendre, à la Grande Armée, le commandement d'une brigade de la 1re division de grosse cavalerie. Il dut aux services qu'il rendit, de l'an XIV à 1807, le grade de commandant de la Légion d'honneur (10 mai 1807).

 

Les charges qu'il exécuta à la bataille d'Essling, avec sa brigade de grosse cavalerie, furent l'objet d'un rapport particulier à l'Empereur. Nommé général de division le 12 juillet suivant, il prit le commandement de la 2e division de cuirassiers.

 

Resté en Allemagne en 1810 et 1811, il reçut, le 18 août de cette dernière année, le commandement de la 1re division de cuirassiers de la Grande Armée.

 

La campagne de Russie (1812) allait offrir un vaste champ à son activité et à sa bravoure. C'est sous les yeux du roi de Naples qu'il exécuta ses brillantes charges d'Ostrovno et de la Moscova.

 

Nommé commandant du 2e corps de cavalerie de la Grande Armée, le 31 mars 1813, on le vit à Hanau, le 30 octobre, à la tête de ses cuirassiers, décider du succès de la journée par une charge exécutée à fond, à laquelle prirent part les grenadiers à cheval et les dragons de la Garde. L'ennemi fut partout culbuté et mis dans le plus grand désordre.

 

Peu de temps après, Napoléon Ier lui conféra le titre de comte de l'Empire (Decrest était déjà baron de l'Empire).

 

Le 14 février 1814, à la chute du jour, le général Grouchy, à la tête des divisions Saint-Germain, Doumerc et Bordesoulle, se précipite sur les derrières de Blücher, qui avait pris position à Vauchamp, enfonce et écrase ses carrés sous les pieds des chevaux, et se rend maître du champ de bataille. Le général Saint-Germain fut cité avec éloges pour sa brillante conduite dans cette journée.

 

Le 2 mars, sa division, passée sous les ordres du maréchal Macdonald, contribua à contenir la Grande Armée alliée, qui s'était établie derrière l'Aube, à peu de distance du village de La Ferté. Il se signala de nouveau, le lendemain, à l'affaire des ponts de la Barce : les troupes chargées de défendre cette position, attaquée par le prince de Schwarzenberg, commençaient à opérer un mouvement rétrograde, lorsque le général Saint-Germain, qui s'en aperçoit, accourt au secours de l'infanterie française, et rejette l'ennemi en arrière, après deux charges vigoureuses.

 

Le 26 du même mois, sa division coopérait à la reprise de Saint-Dizier, sous les yeux de l'Empereur.

 

Après la première abdication de Napoléon Ier, Louis XVIII le nomma chevalier de Saint-Louis, inspecteur-général de cavalerie en mai 1814, et grand officier de la Légion d'honneur le 27 décembre suivant. Napoléon, à son retour, ne l'appela pas près de lui.

 

Ce ne fut que le 7 juin suivant que le comte Saint-Germain reçut l'ordre de se rendre à l'armée des Alpes pour y inspecter et y organiser la cavalerie qui devait en faire partie.

 

Il était en non-activité depuis le second retour des Bourbons et le licenciement de l'armée, lorsqu'une décision ministérielle, du 1er juillet 1818, le nomma inspecteur-général de cavalerie dans les 15e et 16e divisions militaires.

 

Decrest, replacé dans l'armée royale, n'a rien perdu de ses anciennes convictions et a gardé l'accent du temps passé. Le marquis de Nadaillac, colonel du 3e hussards, lui disant aimablement « Mon général, voulez-vous faire à Mme la marquise de Nadaillac l'honneur de dîner chez elle ?  », il répond : « Monsieur, je ne dîne jamais chez les colonels que j'inspecte et, Monsieur le marquis, je ne leur donne jamais à dîner ! » Cette manière bourrue s'applique indistinctement à tous, il eût dit son fait au roi et l'on n'osait le mettre à la retraite : « Celui qui m'y mettra, je lui ferai voir que je suis encore vert ! » Il est plus respecté que redouté. On le voit fumant sa pipe sur la terrasse de sa petite maison des Champs-Élysées, et quand passe un détachement de cavalerie de la garde qui vient d'escorter quelque prince, il crie : « Tenez donc vos chevaux, vilains conscrits, tristes cavaliers ! » Les soldats le reconnaissent : « Cela c'est le général Saint-Germain, un crâne troupier ! » A la cour, voyant des officiers boire du bouillon, son indignation éclate : « Pardieu, messieurs, voilà une jolie boisson pour des soldats ! Buvez du punch ! Mais non, çà vous gratterait le gosier ; vous n'avez pas plus de force que toutes les pisseuses que vous faites danser ! »

 

Propos insolites dans les Tuileries, mais ce soldat avait des grâces d'État.

 

Compris dans le cadre d'organisation de l'état-major général de l'armée, le 30 décembre 1818, et mis en disponibilité le 1er janvier 1819, il fut admis à la retraite par ordonnance du 30 août 1826.

 

La révolution de Juillet 1830 le releva de cette position. Il a été placé, le 7 février 1831, dans le cadre de réserve, et admis de nouveau à la solde de retraite le 1er mai 1832.

 

Il est mort le 4 octobre 1835 à Neuilly).

 

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Published by Napoleon Ier - dans Calendrier
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1er Consul

2 août 1802 jusqu'au 18 mai 1804

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18 mai 1804 au 6 avril 1814 et du 20 mars 1815 au 22 juin 1815

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