Overblog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Histoire, Napoléon

Publicité

24 décembre 1800: Attentat de la rue Saint-Nicaise

24 décembre 1800 (3 nivôse an IX)

Attentat de la rue Saint-Nicaise

«...Le 3 nivose an IX (21 décembre 1800)*, l’Opéra donnait par ordre, la Création de Haydn, et le Premier Consul avait annoncé qu’il irait entendre, avec toute sa famille, ce magnifique oratorio ; il dîna ce jour-là avec madame Bonaparte, sa fille, et les généraux Rapp, Lauriston, Lannes et Berthier. Je me trouvai précisément de service ; mais le premier Consul allant à l’Opéra, je pensai que ma présence serait superflue au château, et je résolus d’aller de mon côté à Feydeau, dans la loge que madame Bonaparte nous accordait, et qui était placée sous la sienne. Après le dîner, que le Premier Consul expédia avec sa promptitude ordinaire, il se leva de table, suivi de ses officiers, excepté le général Rapp, qui resta avec mesdames Joséphine et Hortense. Sur les sept heures environ, le Premier Consul monta en voiture avec MM. Lannes, Berthier et Lauriston,, pour se rendre à l’Opéra ; arrivé au milieu de la rue Saint-Nicaise, le piquet qui précédait la voiture trouva le chemin barré par une charrette qui paraissait abandonnée, et sur laquelle un tonneau était fortement attaché avec des cordes ; le chef de l’escorte fit ranger cette charrette le long des maisons, à droite, et le cocher du Premier Consul, que ce petit retard avait impatienté, poussa vigoureusement des chevaux, qui partirent comme l’éclair. Il n’y avait pas deux secondes qu’ils étaient passés, lorsque le baril que portait la charrette éclata avec une explosion épouvantable. Des personnes de l’escorte et de la suite du Premier Consul, aucune ne fut tuée, mais plusieurs reçurent des blessures. Le sort de ceux qui, résidant ou passant dans la rue, se trouvèrent près de l’horrible machine, fut beaucoup plus triste encore ; il en périt plus de vingt, et plus de soixante furent grièvement blessés. M. Trepsat, architecte, eut une cuisse cassée ; le Premier Consul, par la suite, le décora et le fit architecte des Invalides, en lui disant qu’il y avait longtemps qu’il était le plus invalide des architectes. Tous les carreaux de vire des Tuileries furent cassés ; plusieurs maisons s’écroulèrent ; toutes celle de la rue Saint-Nicaise et même quelques-unes des rues adjacentes furent fortement endommagées. Quelques débris volèrent jusque dans l’hôtel du consul Cambacérès. Les glaces de la voiture du Premier Consul tombèrent par morceaux.

 

Par le plus heureux hasard, les voitures de suite, qui devaient être immédiatement derrière celle du Premier Consul, se trouvaient assez loin en arrière, et voici pourquoi : madame Bonaparte, après le dîner, se fit apporter un schall ? châle? pour aller à l’Opéra ; lorsqu’on le lui présentait, le général Rapp en critiqua gaiement la couleur et l’engagea à en choisir un autre. Madame Bonaparte défendit son schall, et dit au général qu’il se connaissait autant à attaquer une toilette qu’elle-même à attaquer une redoute ; cette discussion amicale continua quelque temps sur le même ton. Dans cet intervalle, le Premier Consul, qui n’attendait jamais, partit en avant, et les misérables assassins, auteurs du complot, mirent le feu à leur machine infernale. Que le cocher du Premier Consul eût été moins pressé et qu’il eût seulement tardé de deux secondes, c’en était fait de son maître ; qu’au contraire madame Bonaparte se fut hâtée de suivre son époux, c’en était fait d’elle et de toute sa suite ; ce fut en effet ce retard d’un instant qui lui sauva la vie ainsi qu’à sa fille, à sa belle-sœur madame Murat, et à toutes les personnes qui devaient les accompagner. La voiture où se trouvaient ces dames, au lieu d’être à la file de celle du Premier Consul, débouchait de la Place du Carrousel, au moment où sauta la machine ; les glaces en furent aussi brisées. Madame Bonaparte n’eut rien qu’une grande frayeur ; mademoiselle Hortense fut légèrement blessées au visage, par un éclat de glace ; madame Caroline Murat, qui se trouvait alors fort avancée dans sa grossesse, fut frappée d’une telle peur, qu’on fut obligé de la ramener au château ; cette catastrophe influa même beaucoup sur la santé de l’enfant qu’elle portait dans son sein…On sait que le Premier Consul poussa jusqu’à l’Opéra, où il fut reçu avec d’inexprimables acclamations, et que le calme peint sur sa physionomie contrastait fortement avec la pâleur et l’agitation de madame Bonaparte, qui avait tremblé non pas pour elle, mais pour lui.»

 

 

Constant, premier valet de chambre de l’Empereur

 

* L’auteur fait confusion car la date est le 24 Décembre..

 

 

Une excellente relation de l'attentat se trouve à la page:

http://www.histoire-empire.org/1800/saint-nicaise/l_attentat_de_la_rue_saint_nicaise.htm

 

 

L'énigme de la rue Saint-Nicaise : Les aventures de Donatien Lachance, détective de Napoléon

 

Le jour de Noël 1800, une bombe manque de tuer Bonaparte qui se rendait en carrosse à l'Opéra. Le Premier consul décide d'employer les grands moyens pour trouver les coupables, qu'il désigne aussitôt par calcul politique. Pour lui, ce sont des républicains nostalgiques de la Terreur, qui risquent de gêner son ascension. Le commissaire Donatien Lachance est chargé de l'enquête. D'une intelligence redoutable, ancien jacobin inflexible devenu un jeune loup du nouveau régime, précurseur de la police scientifique avec son mentor et ministre Joseph Fouché, Lachance suit une autre piste, celle des monarchistes extrémistes. Et il découvre que sur la liste de suspects établie par Bonaparte figure le mari d'Olympe, une jeune républicaine exaltée qu'il a follement aimée. Pour sauver ses amis, il doit résoudre en quelques jours l'énigme de la rue Saint-Nicaise. Dans le salon de Madame Récamier, dans les luxueuses maisons de plaisir du Palais-Royal, sur les côtes de la Manche où s'affrontent marins français et anglais, Lachance déploie tout son talent de policier et de séducteur pour remplir sa mission. Les idéologies et les passions s'affrontent dans une France à peine sortie de la Terreur qui cherche son destin sous la férule d'un petit homme adulé ou honni qui va devenir empereur. Donatien Lachance sacrifiera-t-il ses amis à sa carrière? Ou bien réussira-t-il à triompher des manoeuvres subtiles des comploteurs, sans tomber dans les intrigues du pouvoir et le piège des grands sentiments?

 

L'énigme de la rue Saint-Nicaise : Les aventures de Donatien Lachance, détective de Napoléo, Laurent Joffrin, ed. Robert Laffont, 20 €

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article