1 janvier
- Paul Thérèse David d’Astros prêtre catholique est arrêté pour avoir participé à ce que Napoléon considérait comme une conspiration catholique. Depuis 1805, d’Astros servait en tant que vicaire de Paris et en 1808 était vicaire capitulaire[1] au chapitre de Paris. Les relations entre Napoléon et le Pape étaient alors au point mort. Pie VII étant toujours détenu à Savone, Napoléon avait procédé lui-même, en octobre 1810, à la nomination de l’archevêque de Paris et avait choisi Jean-Siffrein Maury. Cette nomination fut bien sûr condamnée par le Pape. D’Astros s’impliqua dans la circulation de la correspondance de Pie VII et du Quum memoranda par lequel Napoléon avait été excommunié. Le vicaire capitulaire allait payer pour cette opposition. Le 24 décembre 1810, la police impériale intercepta une lettre de Pie VII, datée du 18 décembre, qui informait d’Astros qu’ill retirait à Maury tous les pouvoirs et toute autorité. Ce jour, après la réception du chapitre pour le nouvel an au palais des Tuileries, l’Empereur laisse éclater sa colère contre d’Astros : « …Il y en a parmi vous qui sèment le trouble dans les consciences et qui s’élèvent contre l’autorité. C’est à vous que je m’adresse, monsieur l’abbé…Souvenez vous que ce n’est pas en vain que je la porte. Je sais que vous êtes en opposition avec les mesures que ma politique prescrit, que vous ne cessez d’agir sourdement pour en paralyser les effets, mais ces projets me sont connus, je saurai les déjouer… » D’Astros fut interrogé par Savary sur ses contacts avec le Pape. Il fut incarcéré à Vincennes où il restera jusqu’en 1814. (« Lettre de la Fondation Napoléon » - n° xxx déc 2010)
- En sortant de la messe, après avoir traversé la salle des gardes et la salle des maréchaux, l’Empereur s’arrête devant les représentants du Chapitre de Paris, présenté par le cardinal Maury. Il exprime son mécontentement et si fait présenter l’abbé d’Astros qu’il apostrophe violemment pour son opposition à sa politique ; il lui déclare : « …Vous êtes l’homme de mon Empire qui m’est le plus suspect. Il faut être Français avant tout. Il faut soutenir les libertés de l’église gallicane…Il y a autant de distance de la religion de Bossuet à celle de Grégoire VII que du ciel à l’enfer. Du reste, j’ai l’épée au côté, prenez garde à vous… » La veille, un bref du Pape daté du 18 décembre et adressé à l’abbé d’Astros avait été intercepté, on y refusait tous pouvoirs au cardinal Maury. L’Empereur poursuivit son audience, laissant l’abbé terrifié. L’abbé fut arrêté et au cours de la perquisition à son domicile, on découvrit le bref du 15 novembre. Les cardinaux Gabrielli, di Pietro, Oppizoni, le père Fontana et monseigneur Grégorio sont également arrêtés.
- A la réception du Chapitre de Paris, présenté par le cardinal Maury, l’Empereur exprime son mécontentement et apostrophe l’abbé d’Astros : « …Je sais que vous êtes en opposition avec les mesures que ma politique prescrit, que vous ne cessez d’agir sourdement pour en paralyser les effets, mais ces projets me sont connus, je saurai les déjouer… » (Pasquier t. I p. 441 cité dans « Quel roman que ma vie » Louis Garros – Ed. de l’encyclopédie française - 1947)
- Napoléon se déchaîne contre l’abbé d’Astros : « …Il y a autant de distance de la religion de Bossuet à celle de Grégoire VII que du ciel à l’enfer. Du reste, j’ai l’épée au côté, prenez garde à vous… » Il fait arrêter Astros et perquisitionner chez lui ; on y découvre le bref du 5 novembre et d’Astros avoue l’avoir communiqué au jeune Portalis. (« Napoléon Bonaparte – L’œuvre et l’Histoire » – collection publiée sous la direction de Jean Massin – Le Club français du Livre – 1971 – p. 301)
- L'Empereur écrit au prince Borghèse, gouverneur du Piémont : « …Le Pape se conduisant mal à Savone…assurez-vous qu’il n’a aucune correspondance secrète…Tout ce qu’il fait est plein de poison ; il serait donc convenable de le réduire à sa propre écriture… »
- Annexion du grand duché de Berg, qui forme désormais les départements du Rhin, de la Sieg, de la Roer et de l’Ems.
- Entrée en vigueur du Code civil dans les grands-duchés de Berg et de Bade.
- Joséphine, après une halte frauduleuse à Malmaison, arrive à Navarre. (Jean Savant- « Napoléon et Joséphine » Fayard – 1960 – p. 297)
- Il restait à la Prusse, près de 71 millions de francs à payer à la France. La Prusse n’arrivait donc pas à s’affranchir de l’occupation française et devait prendre à sa charge les frais considérables des garnisons installées dans trois forteresses de l’Oder. (Pierre Branda « Le prix de la gloire » Paris – Fayard – 2007 – p. 334)
[1] Administrateur provisoire du diocèse.
CF