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Histoire, Napoléon

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18 septembre 1758: Louis Friant

18 septembre 1758: Louis Friant

 

« Le général Friant était non seulement un homme très brave, mais encore un très brave homme que tout le monde aimait. Quand nous lui faisions une visite de corps, il ne nous haranguait pas ; il n’était point phraseur de sa nature, il parlait peu, mais ce qu’il disait faisait toujours impression, parce que cela partait du coeur. Sa physionomie hâlée par le soleil d’Egypte, ses yeux vifs et brillants, sa pose guerrière sans charlatanerie, tout cela donnait à ses paroles un mordant que beaucoup d’orateurs voudraient ajouter à leurs figures de rhétorique. “Bonjour, mes camarades, quand on vous voit, on désire une bataille ; avisez-vous donc de faire la paix lorsqu’on a de tels régiments !” Il le pensait ; même quand il nous disait tout simlement : “Entrez, Messieurs, j’ai beaucoup de plaisir à vous voir”, on s’apercevait qu’il disait vrai. Le général Friant était un brave et digne homme ; jamais officier n’alla le voir avec crainte, jamais il n’en sortit mécontent. Ce que je dis des officiers peut s’appliquer aux sergents, aux caporaux, aux soldats. Cet homme avait le talent de se faire aimer de tous. Ce talent est rare »

 

 

 

Ainsi s’exprime le capitaine Elzéar Blaze, qui sert dans sa division au sein du 108e de ligne commandé par le colonel Rottembourg, sur son Général divisionnaire.

 

 

 

Beau-frère du maréchal Davout par son mariage avec la sœur d’Aimée Leclerc, épouse Davout, le général comte Friant fut le vaillant commandant de la 2ème division du 3ème corps. Né à Morlancourt, dans la Somme, le 18 septembre 1758, après une première expérience dans l’armée entre 1781 et 1787, il s’engage dans la garde nationale parisienne en septembre 1789. Envoyé aux frontières en 1792, il est élu lieutenant-colonel en premier du 9ème bataillon de Paris (le bataillon de l’Arsenal). Entre 1792 et 1794, il participe aux différents combats de l’armée de la Moselle, notamment celui de Fleurus le 26 juin 1794. Il fait partie de l’état-major du général Schérer qui lui donne le commandement provisoire d’une division sous les ordres de Kléber. Il participe au siège de Maastricht en octobre 1794 et au siège de Luxembourg en avril 1795 dont il devient le gouverneur en juin de la même année avec le grade de général de brigade. Il sert ensuite à l’armée de Sambre-et-Meuse puis à l’armée d’Italie au sein de la division Bernadotte ( combats du Tagliamento  et de Laibach).

 

 

 

Il fait partie de l’expédition d’Egypte où il s’illustre à Chebreiss, aux Pyramides, à Samanhout, à Aboumanah, etc. Nommé général de division à titre provisoire, Friant reçoit le commandement de la Haute-Egypte après le départ de Desaix. Il s’illustre encore à Héliopolis, à Belbeis et à Boulâq. Par arrêté des consuls le 6 septembre 1800, il  est confirmé général de division. Passé gouverneur d’Alexandrie, il combat à Aboukir, au lac Madieh et à Canope. Fin 1801, c’est le retour en France.

 

 

 

Envoyé au camp de Bruges en août 1803, il reçoit, le 30 août 1805, le commandement de la 2ème division du 3ème corps du maréchal Davout où il se distingue à Austerlitz avec bravoure, ce qui lui vaut d’être fait grand aigle de la Légion d’honneur (27 décembre 1805). Il participe ensuite à toutes les campagnes du 3ème corps et se distinguant notamment  à Auerstaedt, à Golymin, ou à Eylau (où il est blessé).

 

 

 

Créé comte de l’Empire le 5 octobre 1808, il est encore des batailles de Thann, d’Eckmühl, de Ratisbonne et de Wagram où il est à nouveau blessé. Il est ensuite chargé d’occuper la Poméranie suédoise avant de participer à l’expédition de Russie au sein du 1er corps confié à Davout. Début août 1812, Friant est nommé par Napoléon colonel des grenadiers à pied de la garde en remplacement du général Dorsenne mort en Espagne). Il est blessé à Smolensk, puis deux fois encore à la bataille de la Moskowa, ce qui lui vaut d’être rapatrié en France.  

 

 

 

Nommé Chambellan de l’Empereur en 1813, Friant participe encore à la campagne d’Allemagne (Dresde, Hanau) et à la campagne de France (Rouvré, Champaubert, Montmirail, Vauchamps, Craonne, Arcis-sur-Aube). Nommé colonel en premier des grenadiers à pied de la vieille garde, il est fait pair de France le 2 juin 1815. Il est de ceux qui restent fidèle jusqu’au bout à l’Empereur. A la tête de ses grenadiers à Waterloo, au sein de la Garde impériale que commandée par le général Drouot, il reçoit sa dernière blessure, ce qui lui vaut la retraite le 4 septembre 1815, à l’âge de 57 ans après ….34 années de campagnes.

 

 

 

Il s’éteint le 24 juin 1829 à Seraincourt (château de Gaillonnet) en Seine-et-Oise.

 

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