Histoire, Napoléon
Armand Augustin Louis
marquis de Caulaincourt, duc de Vicence
Grand écuyer de l’Empereur
né le 9 décembre 1773 et mort à Paris le 19 février 1827)
Militaire et diplomate, issu d'une très ancienne famille de la noblesse picarde, descendant de Sully, Caulaincourt fut l’une des grandes figures de l’Empire et un proche de l'Empereur.
Il entre à quinze ans au régiment du Royal Etranger et gravit rapidement les échelons passant successivement sous-lieutenant, lieutenant, capitaine, puis officier d'état-major. Il est ensuite aide de camp de son père en 1791. Quittant l’armée en même temps que ce dernier suite à un décret de proscription de 1791 interdisant aux nobles les armées, il s’engage comme volontaire dans la garde nationale parisienne - section de la Croix-Rouge - comme simple soldat, passe dans la cavalerie, puis est nommé capitaine en 1795 grâce au général Lazare Hoche. Il devient aide de camp d'Aubert-Dubayet à l'armée des côtes de Cherbourg. En mars 1796, Caulaincourt accompagne ce dernier à Venise, puis à Constantinople. Talleyrand le prend sous sa protection et il fait ainsi ses débuts dans la carrière diplomatique. De retour en France en juin 1797, il fait la campagne d'Allemagne en l'an VII et combat à Stockach, Weinheim, Messkirch et Neresheim au 8ème de cavalerie, puis au 2ème Carabiniers. Promu colonel, Bonaparte le choisit en 1801 pour l’envoyer en mission diplomatique auprès du tsar Alexandre Ier. Il gagne l’estime du souverain russe. A son retour, Bonaparte le prend comme aide de camp en août 1802, avant de le nommer Général de brigade en août 1803. Le 10 mars 1804, Caulaincourt est envoyé à Strasbourg par le Premier Consul pour organiser l'enlèvement du duc d'Enghien, à Ettenheim, en pays badois. Cet évènement allait le marquer toute sa vie. Il eut beaucoup à souffrir de violentes controverses concernant son rôle lors de l'arrestation et de l'exécution. En juin 1804, Caulaincourt est promu Grand Écuyer de Napoléon, puis général de division en 1805 et sert jusqu'en 1807 à l'état-major de la Grande Armée avant d'être envoyé comme ambassadeur en Russie de novembre à 1812. Il tente tant bien que mal d’éviter la rupture entre les deux Empereurs, est chargé de négocier le mariage de Napoléon avec la sœur du tsar, la Grande-duchesse Anne, mais sans succès. En 1808, il est fait duc de Vicence. Caulaincourt retourne en Russie, pour la campagne de 1812, avec la Grande Armée. C’est là qu’il vivra un moment unique de sa vie lorsqu’il reviendra en traîneau avec l’Empereur, restant pratiquement en tête à tête 2 semaines avec lui (Caulaincourt consignera dans ses Mémoires les propos tenus par Napoléon, nous laissant ainsi un témoignage très précieux). En 1813, il est nommé Grand maréchal puis, peu après, ministre des Affaires-étrangères. Plénipotentiaire auprès des alliés durant la campagne de Saxe, il signe l'armistice de Pleiswitz. De juillet 1813 à avril 1814, il est envoyé comme ministre plénipotentiaire au congrès de Prague pour travailler à un projet de paix. En 1814, c’est lui qui apporte aux souverains alliés l’abdication de Napoléon, en compagnie des maréchaux Ney et Macdonald. Il plaide la cause du Roi de Rome, mais sans succès. Pendant les Cent-Jours, il reprend son portefeuille de ministre des relations extérieures. A la restauration, il figure sur la liste des exilés, mais ses bonnes relations avec le tsar Alexandre font qu’il en est rayé. Il se retire alors sur ses terres et écrit ses Mémoires dans la plus grande discrétion avant de mourir à Paris, le 19 février 1827. En résumé, Caulaincourt fut l’un des hommes politiques les plus loyaux et les plus fidèles envers Napoléon. À Paris, une rue de Montmartre porte le nom de rue Caulaincourt. On trouve le nom du duc de Vicence sur la 31e colonne (pilier Ouest) de l'arc de triomphe de l'Étoile.