Histoire, Napoléon
Novembre n'est pas seulement la date d'anniversaire de la Duchesse d'Abrantès. C'est aussi celle de Marulaz, le brave Marulaz, qui, comme Lasalle ou Fournier a donné ses titres de gloire aux Hussards Français. Jacob François Marola, dit Marulaz, est né le 6 novembre 1769 à Zeiskam, près de Spire, dans le Palatinat (ancien département du Mont-Tonnerre). Jacob commence sa carrière le 16 septembre 1778 comme enfant de troupe dans le régiment de son père, le régiment Esterhazy Hussards (qui deviendra par la suite le 3ème Hussards). Le 1er janvier 1791, Marulaz est nommé brigadier-fourrier, il passe maréchal des logis l’année suivante . En octobre 1792, il devient lieutenant au corps des Éclaireurs, qui deviendra plus tard le 8ème Hussards, dont le nom est indissociablement lié à celui de Marulaz. Nommé capitaine en mars 1793, Marulaz combat en Vendée où il se distingue notamment à Dol, Pontorson et Laval. Puis il passe à l’armée du Nord en 1794-1795, sous les ordres de Pichegru et de Vandamme et reçoit une coup de sabre sur la joue gauche. Nommé chef d’escadrons au 8ème Hussards le 7 mai 1794, il est à nouveau blessé près de Bousbecques le 18 mai suivant, où il eut un cheval tué sous lui. Le 15 septembre 1794, au combat de Boxtel, il charge, à la tête de trente hussards seulement, et parvient à faire déposer les armes à deux bataillons hessois, capturant plus de 500 hommes. Cette action courageuse lui vaut d'être cité à l’Ordre de l’Armée. Il combat à l’armée du Rhin (1795-1797), sous le commandement de Moreau, et se distingue contre les Autrichiens, où il stoppe l’ennemi à Mayence avec ses hussards et une pièce d’artillerie dans la nuit du 17 au 18 octobre 1795, puis à Oppenheim (22 octobre) et Immenstadt (4 septembre 1796). Il est encore blessé d’un coup de feu au bras droit à Huningue le 25 octobre. La liste de ses exploits est impressionnante. En avril 1797, le 8ème hussards retraverse le Rhin et il combat à Diersheim, puis à Offenburg où il est blessé d’un coup de feu. En 1798, il passe à l’armée d’Helvétie. A Berne, il a les 7eme et 8eme Hussards sous ses ordres et enfonce les lignes ennemies (2 mars 1798). Nommé chef de brigade le 3 nivôse an VII, il fit des prodiges à la bataille de Zurich, et quelques jours plus tard, il fait 400 prisonniers, et reçoit de multiples blessures. Mais on retrouve Marulaz en octobre, à Célan près d’Andelfingen où il défait les Cosaques. Début 1800, il retourne à l’armée du Rhin sous les ordres du général Moreau. Le 1er mai, il s’empare d’un canon et fait plus de 800 prisonniers au passage du Rhin. Le 3 mai les Autrichiens sont écrasés à Stockach. Au cours de cette bataille, le 8ème Hussards commandé par Marulaz, charge les Autrichiens de flanc et capture toute l’infanterie autrichienne: 2000 prisonniers, 500 chevaux, 8 pièces d’artillerie et beaucoup de ravitaillement. Le 10 mai, il surprend à nouveau la cavalerie ennemie en traversant à gué le lac d’Hérin, fait 100 prisonniers et capture 80 chevaux, s’empare de Landsberg (27 mai) et du pont de Lech. A la bataille d’Hochstaedt, le 19 juin, Marulaz passe le Danube et charge les Autrichiens à plusieurs reprises. Il capture ensuite 1200 bavarois à Indelfingen, il se distingue à la bataille de Hohenlinden du 3 décembre. Deux jours plus tard, Marulaz repousse l’ennemi sur Kufstein. Il combat devant Salzbourg, charge les dragons de Waldeck et capture 200 prisonniers. Pour sa bravoure, il obtient un sabre d’honneur par un arrêté du Premier Consul du 22 mars 1801. Commandant de la Légion d’Honneur en 1804, il est nommé général de Brigade le 1er février 1805. Mais ses blessures le contraignent au repos forcé: il n'est pas de la campagne d’Austerlitz ni de celle d’Iéna-Auerstaedt. Il est nommé commandant de la brigade de cavalerie légère du 3ème Corps de Davout le 5 décembre 1806. Il sert à Czarnowo mais est blessé d’un coup de baïonnette au genou à Golymin (26 décembre) et perd son frère, tué à ses côtés au cours de cette bataille. ll participe à la charge furieuse d' Eylau en 1807) et fait, le lendemain, 300 prisonniers à Domnau. Le 17 juin 1807, trois jours après le triomphe de Friedland, près de Labiau, il capture 5000 soldats russes de l'arrière-garde ennemie. Après la paix de Tilsitt, l'Empereur le fait baron de l’Empire (7 décembre 1808), commandeur de l’Ordre de Hesse-Darmstadt et de l’Ordre militaire de Bade. C’est à cette époque qu’il fait l'acquisition du château de Filain, en Haute-Saône. L’année suivante, la guerre reprend. Marulaz commande la Cavalerie légère du Corps d’Observation du Rhin sous les ordres de Masséna. Il sert à Landshut (21-22/04/1809), à Neumarkt (24/04/1809) et à Ebelsberg (03/05/1809). A la bataille d'Essling, il est blessé d’un coup de feu à la cuisse. Le 6 juillet à Wagram, il venge la mort de son ami, le Général Lasalle, en chargeant vaillamment à la tête du 8ème Hussards et de sa division de chasseurs. C'est là qu'il est lui-même renversé et son cheval tué sous lui (le 26ème cheval depuis le début de sa carrière mais aussi le dernier, car gravement blessé il doit interrompre sa fulgurante série d'actes de bravoure). Il est nommé général de division le 12 juillet 1809, mais demande cependant à être déchargé de cette lourde tache. Il reçoit alors le commandement de la 6ème Division militaire à Besançon (24 septembre 1809) qu'il conserva jusqu'au retour de Louis XVIII. Son dernier combat se situe à Baume-les-Dames le 31 décembre 1813. Le 4 janvier 1814, la place de Besançon est en état de siège, gouvernée par le général Marulaz. Il tient pendant plus de quatre mois, refuse une offre d’un million proposée par le prince de Lichtenstein et ne rend la place qu’après la chute de l’Empire. Chevalier de Saint-Louis le 29 juillet 1814, il exerce divers commandements avant d’être mis en non activité juste après Waterloo et admis à la retraite le 6 décembre 1815. il meurt d’une attaque d’apoplexie dans son château de Filain (Haute-Saône) le 10 juin 1842, à l’âge de 72 ans.