Histoire, Napoléon
Suite au courrier de Niort du général Becker, Fouché écrit au ministre de la marine : « …La commission vous envoie copie de la lettre qu’elle écrit au général Becker. La commission désire que vous donniez les ordres nécessaires à Rochefort pour qu’on prête main forte au général Becker, et qu’on lui fournisse tous les moyens qu’il réclamera pour le succès de sa mission. Vous trouverez ci-joint la lettre dressée au général Becker. Les ministres de l’Intérieur et de la guerre sont prévenus que le courrier que vous expédierez se chargera des ordres qu’ils ont à donner pour le même objet…
signé le duc d’Otrante, Carnot, le comte Grenier, Quinette, Caulaincourt… Voici le contenu de la lettre à Becker : « …La commission de gouvernement a reçu la lettre que vous lui avez écrite de Niort, le 2 juillet. Napoléon doit s’embarquer sans délai. Le succès des négociations tient principalement à la certitude que les puissances alliées veulent avoir de son embarquement, et vous ne savez pas jusqu’à quel point la sûreté et la tranquillité de l’Etat sont compromises par ces retards. Si Napoléon avait pris son parti de suite, nous avons sous les yeux un rapport du préfet maritime de Rochefort nécessaire, en conservant le respect qu’on lui doit. Faites qu’il arrive sans délai à Rochefort, et faites-le embarquer aussitôt. Quant aux services qu’il offre, nous devoirs envers la France et nos engagements avec les puissances étrangères ne nous permettent pas de les accepter, et vous ne devez plus nous en entretenir. Enfin la commission voit des inconvénients à ce que Napoléon ommunique avec l’escadre anglaise. Elle ne peut accorder la permission qui lui est demandée à cet égard…[1], où il est dit que le départ n’eût pas été impossible le 29. la commission met donc la personne de Napoléon sous votre responsabilité ; vous devez employer tous les moyens de force qui seraient » ( l’Histoire de l’Empereur Napoléon 1er » Edition nouvelle, refondue et annotée par Désiré Lacroix – Ed. Garnier frères – Paris – 1901 – t. V – p. 312).
Le comte Bonnefoux, écrit depuis Rochefort au ministre de la Marine « …J’ai l’honneur de rendre compte à V.E que Napoléon est arrivé hier à Rochefort, avec la suite qui l’accompagne, à 9 h du matin. Les frégates étaient prêtes ; mais la station anglaise, composée de deux vaisseaux, deux frégates, deux corvettes et un petit bâtiment, bloque la rade et toute espèce de passage depuis la Gironde jusqu’à La Rochelle , de manière qu’il n’y a aucun espoir de passer sans être aperçu, aucune espérance de forcer le passage. L’auguste personnage que la nation française a pris sous sa sauvegarde a fait toutes ses ispositions de départ. Les intentions de la commission et les ordres de V.E. seront exécutés en tout point, en ce qui me concerne. S.M. est et sera traitée avec les égards et le respect dus à sa situation et à la ouronne qu’il a portée. Je suis tellement surchargé d’affaires et d’embarras de toute espèce, qu’il me serait impossible d’entrer dans des détails… » (« pour servir à l’Histoire de l’Empereur Napoléon 1er » Edition nouvelle, refondue et annotée par Désiré Lacroix – Ed. Garnier frères – Paris – 1901 – t. V – p. 314-315).
honoré-René Marchant[2], écrit au général commandant à la Rochelle : « …Général, les circonstances exigent impérieusement que Napoléon Bonaparte quitte la France , le soin de hâter son départ vient d’être confié à M. le général Becker. Je vous invite à prêter, s’il y a lieu, main forte à ce général et à le seconder de tous vos moyens pour assurer le succès de sa mission. Vous sentirez…que la tranquillité de l’Etat et la sûreté même de Napoléon dépendent de la stricte exécution des mesures rdonnées… » (Catalogue Osenat – vente du 24 juin 2006 – Fontainebleau – p. 51)
Le feld-maréchal Blücher écrit à son épouse : « …Paris est en mon pouvoir ; l’armée française se retire derrière la Loire, et la capitale m’est livrée. C’est à la bravoure incroyable et à l’énergie sans pareille de nos troupes ainsi qu’à ma volonté de fer, que ce triomphe est dû. Les observateurs, les lamentations sur l’épuisement des troupes n’ont pas manqué de pleuvoir autour de moi ; mais je suis resté sourd à tout ; je savais par expérience[3] qu’on doit et ne peut recueillir tous les fruits d’une victoire qu’en poursuivant le vaincu sans trêve et sans répit… » (Lieutenant-colonel Pierron – « guerre du XIXe siècle » Paris – Librairie militaire de J. Dumaine – 1878 – p. 21)
C.F
[1] Voir lettre de Bonnefoux du 29 juin.
[2] 1764-18 ??
Intendant général de la Grandearmée, puis conseiller d’Etat, secrétaire général du Ministère de la guerre.
[3] Poursuivi à outrance par Bernadotte, Soult et Murat, après la bataille
d’Auerstaedt, Blücher avait été obligé à capituler à Ratkau, le 7 novembre
1806.