Histoire, Napoléon
Napoléon séjourne aux Briars, dans un pavillon prêté par William Balcombe, un agent de la Compagnie des Indes.
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« …L’Empereur a dicté, dans le jardin, successivement à MM. de Montholon et Gourgaud, et de là, a gagné l’allée favorite. Il se trouvait fatigué, malade ; on a voulu gauchement lui présenter des femmes qui étaient venues se placer dans son chemin avec intention, ce qui l’a contrarié : il les a évitées. Je lui ai parlé d’aller à cheval pour essayer de se distraire un peu ; nous avions trois chevaux à notre disposition depuis quelques jours ; l’Empereur m’a répondu qu’il ne pouvait se faire à l’idée d’avoir constamment un officier anglais à ses côtés ; qu’il renonçait décidément au cheval à ce prix, ajoutant que tout devait être calcul dans la vie, et que si le mal d’apercevoir son geôlier était plus grand que le bien que procurerait l’exercice, c’était un gain tout clair que d’y renoncer. L’Empereur a peu dîné. Il s’est amusé au dessert à passer en revue les peintures de quelques assiettes de très belle porcelaine de Sèvres : ce sont des chefs d’œuvre en ce genre, elles sont de trente napoléons pièces, et toutes relatives à des vues ou à des objets d’Egypte. L’Empereur a finit par se rendre à son allée d’affection. Il s’était fort ennuyé tout le jour, disait-il. Après plusieurs conversations brisées et sans suite, il a regardé sa montre, et s’est trouvé tout joyeux de voir qu’il avait atteint dix heures et demie. La température était délicieuse ; insensiblement l’Empereur s’était remis tout à fait…Nous remontâmes, il était plus de minuit ; c’était une véritable victoire que d’avoir atteint cette heure tardive… » (Emmanuel de Las Cases – « Mémorial de Sainte-Hélène » - t. 1 – Jean de Bonnot – Paris – 1969 – p. 146-147)
CF.