Histoire, Napoléon
Après la déroute de Leipzig, l'Empereur réussit à se replier avec moins de 100.000 hommes d'abord à Erfurt, ensuite vers le Rhin, les ennemis à ses trousses. Mais la retraite des troupes françaises est coupée par les Autrichiens et les Bavarois commandés par de Wrede. Celui-ci, Bavarois d'origine, avait combattu avec les Français en 1805, et se flattait d' empêcher ses anciens compagnons de rejoindre Francfort. Il déploya ses 43.000 hommes sur des positions choisies à la hâte de part et d'autre de la rivière Kinzig, pensant attaquer une simple colonne. Mais Napoléon remarqua vite l'erreur de son adversaire et attaqua l'aile gauche ennemie avec Macdonald et Sébastiani. Victor, en renfort, rejoignit les 17.000 hommes occupés dans des combats violents. La bataille fit rage, Drouot réussit à faire passer l'artillerie. Les canons français dominèrent les Bavarois et la cavalerie de Sébastiani culbuta les lignes de de Wrede qui fut contraint de se replier. Ses pertes sur la Kinzig furent considérables, mais il parvint à se réfugier à Hanau. La route de Francfort et celle de Mayence était libre: maigre consolation, les français perdirent 6.000 hommes (contre 9.000 ennemis) et laissèrent 10.000 retardataires aux mains des Alliés.
Les Français perdirent de nombreux braves, dont les colonels Ferran (22ème Léger), Péri (5ème de ligne Italien), Radziwill (1er chevau-légers lancier Polonais de la Garde) et surtout le lieutenant adjudant-major Guindey des Grenadiers à cheval de la garde, le même qui, à Saalfeld en 1806, tua le Prince Louis de Prusse
Ecoutons Griois: "Plusieurs escadrons de notre cavalerie, entre autres des grenadiers à cheval et des gardes d'honneur, n'avaient pas suivi le mouvement rétrograde et ils tenaient encore la plaine. Une nouvelle charge fut ordonnée , et les régiments qui s'étaient ralliés derrière ma batterie, entre autres les chasseurs de la garde , les carabiniers et les cuirassiers, se mirent en colonne pour se reporter en avant. Chefs et soldats, tous sentaient la nécessité de vaincre; l'exaltation était générale; nous nous disions qu'il fallait , dans cette journée, ou forcer le passage ou mourir. (...) L'élan était donc unique et la cavalerie brûlait de réparer l'échec qu'elle avait reçu. Soutenue par le feu de l'infanterie et de l'artillerie qui garnissaient les bois, elle tombe sur la cavalerie ennemie, la culbute et, connaissant mieux le terrain, elle évite, en la poursuivant , le feu meurtrier de la batterie qui l'avait foudroyée la première fois, et contre laquelle je dirige alors toutes mes pièces. L'affaire fut décidée. Cependant le feu de l'artillerie dura jusqu'à la nuit; à ce moment , l'ennemi abandonna la plaine et recula sur Hanau, en nous laissant maitres du champ de bataille et de la route de Francfort."