Histoire, Napoléon
30 juin
Pour montrer sa bonne foi et aussi qu’il était prêt à lâcher Napoléon, le gouvernement provisoire
adresse une requête aux autorités britanniques en vue d’obtenir des
sauf-conduits pour le fugitif et son entourage, annonçant, de fait, la présence
prochaine de Napoléon à Rochefort et
faciliter ainsi sa capture. (Albert Benhamou- « Sainte-Hélène » - Albert Benhamou Publishing – 2010 – p.9)
L’Empereur quitte Rambouillet à 11 h. (Louis Garros – « roman que ma vie » Ed. de l’encyclopédie française – Paris – 1947- p.
471)
De très bonne heure, l’Empereur quitte Rambouillet, en sortant par
l’allée qui conduit à la porte du parc qui donne au-delà de la vile, sur la
route de Chartres. Il arrive à la poste de Châteaudun. Puis il continue sans
discontinuer par Vendôme et Tours, où il arrive à la nuit. Il voulut voir le
préfet ; la voiture s’arrête à la sortie de la ville, sur la route de
Poitiers. Savary va le chercher.
L’Empereur s’entretient un quart d’heure avec le préfet, après quoi la petite
troupe poursuit sa route jusqu’à Poitiers. La chaleur est excessive. A la poste
de Poitiers, il fit halte pour laisser la chaleur passer, la maison de poste se
trouvant en dehors de la ville. Ils y restèrent jusqu’à 14 h, sans être
reconnus. Puis ils repartent pour Niort où ils ne devaient pas s’arrêter ;
mais une altercation à Saint-Maixent les fait changer d’avis et ils passèrent
la nuit dans cette ville. A Saint-Maixent, la voiture fut arrêtée par la garde
nationale et demanda les passeports des passagers. Le général Becker exhiba sa qualité de commissaire du gouvernement et les ordres dont il était
porteur. La fermeté de Becker leva
tous les obstacles. A Niort, la nuit est tombée, l’Empereur descend à la maison
de la poste. Il y fait appeler le général qui commande la place, ainsi que le
préfet. Il alla ensuite à la préfecture où il passa la nuit et la journée du
lendemain. (Voir « de l’Empereur Napoléon 1er » Edition nouvelle, refondue et
annotée par Désiré Lacroix – Ed.
Garnier frères – Paris – 1901 – t. V – p. 310-311).
Le capitaine Maitland à bord
du Bellérophon reçoit une lettre
anonyme, sans date ni adresse : Maitland
prévient son chef, mais reste sur place. Il a de bonnes raisons. Deux frégates
françaises La Méduse et La Saale s’abritent près de Rochefort.
Peut-être sont-elles là pour attendre l’Empereur. Sir Hotham partage cet avis. (« du Souvenir napoléonien » n° 197 – Novembre 1964 p. 2) Voici le contenu de la lettre anonyme, venant apparemment de Bordeaux : « …
Ayant appris de bonne source que
Buonaparte, venu à Paris, a traversé la ville la nuit dernière, en compagnie du
nouveau maire de Bordeaux, et peut avoir le dessein de s’enfuir par
l’embouchure du fleuve ou par La Teste, l’auteur de la dernière note expédiée
par l’intermédiaire de M.X… écrit à la hâte ces quelques lignes et signale le
projet afin de permettre à l’amiral britannique de prescrire sur-le-champ les
mesures nécessaires en vue d’appréhender l’individu, certainement enclin à
supposer les bâtiments britanniques stationnés dans ces parages moins sur leurs
gardes que partout ailleurs. L’auteur de cette lettre saisit cette occasion
d’informer l’amiral que, depuis sa dernière communication, un changement s’est
opéré en qui concerne les troupes des deux divisions ; au lieu de huit
cents à milles hommes, la ville contient maintenant cinq mille soldats. Sans
doute songe-t-on à faire impression sur la populace en cette heure décisive. On
pense que l’amiral britannique connait déjà la défaite complète et la
destruction de la Grande Armée, l’abdication de Buonaparte, etc., l’arrivée des
alliés aux portes de Paris. Il serait bon de faire une démonstration sur la
côte avec huit mille hommes au moins. Il est nécessaire de prendre les mesures
immédiates pour prévenir la fuite à laquelle nous croyons. Si l’attaque devait
prendre place entre La Teste et Bordeaux, il conviendrait d’esquisser tout de
suite une diversion dans ces parages-ci. Le succès n’est pas douteux.
Surveiller étroitement tous les navires américains en particulier le Susquehannah de Philadelphie, commandant
Caleb Cushing. Le général Bertrand et un autre sont en sa compagnie. Bloquer
les passes de Bordeaux ou de La Teste. On compte que le porteur de la présente
rapportera une ligne ou deux de l’amiral ou de l’officier commandant la
station. Au moment où l’on écrit ces lignes, la nouvelle se répand que le duc
de Berry et lord Wellington sont à Paris… » (Frédéric Lewis Maitland – « Northumberland » - Plon – 1934 – p. 3) Maitland écrit : «…Bien
qu’on appelât mon attention sur Bordeaux ou La Teste d’Arcachon comme points
d’où Buonaparte essaierait probablement de s’échapper, je croyais fermement que
Rochefort, serait l’endroit où se produirait la tentative d’évasion.
J’expédiais donc le Myrmidon et le Cephalusà Arcachon. Je demeurai
devant Rochefort avec le Bellerophon seulement.
Depuis cet instant jusqu’à mon appareillage pour l’Angleterre, de jour comme de
nuit, le navire ne se tint jamais à plus de trois milles de terre. J’estimais
indispensable de communiquer le plus vite possible à mon chef la lettre de
Bordeaux, mais après avoir assigné leurs postes aux deux bâtiments sous mes
ordres, je ne disposais plus d’aucun navire. J’envoyai le canot du Bellerophon, sous le commandement d’un
lieutenant de vaisseau qui tâcherait de rallier l’un des croiseurs stationnés
au large de l’île d’Yeu… » ( Frédéric Lewis Maitland – « Napoléon à bord du Northumberland » - Plon – 1934 – p.5)C.F