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Histoire, Napoléon

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29 décembre 1767: Naissance de Louis Joseph Lahure

Louis Joseph Lahure

 

né à Mons le 29 septembre 1767.

 

Il fit ses études à l’université de Louvain, et prit du service comme volontaire au moment de la révolution de Belgique.

 

Lors de la dissolution de l’armée des États, il résolut, à la rentrée des Autrichiens, de passer en France pour y vouer son épée à la cause de la liberté.

 

Le comité belge établi à Lille, sous la protection de la France, y organisa des compagnies, composées surtout de patriotes belges.

 

La guerre ayant été déclarée à l’Autriche en 1792, M. Lahure vola aux avant-postes à la tête d’un régiment organisé par lui, fit partie de l’expédition de Luckner sur Courtrai, et s’empara d’une pièce de canon, se renferma dans Lille pendant le terrible bombardement de cette ville et rendit d’éminents services avec ses tirailleurs belges.

 

Plus tard, il concourut à la prise de la citadelle d’Anvers, sous les ordres de Dumouriez, et nommé chef de l’un des bataillons belges, le 9 janvier 1793, après leur réorganisation à Bruxelles, il assista à la bataille de Nerwinde, contribua au gain de la bataille d’Hondscoote, où il s’empara d’une batterie ennemie, se battit bravement en Belgique et en Hollande durant la mémorable campagne de 1794-1795, eut un cheval tué sous lui à l’attaque de Rousselaer et sauva de l’échafaud un jeune émigré français fait prisonnier, en le faisant évader pendant la nuit.

 

Puis, toujours à la tête de son bataillon, entra le premier à Utrecht, à Amsterdam, à Harlem, passa le Wahal, vis-à-vis le village de Rossune et enleva au pas de charge une redoute renfermant deux mortiers, cinq pièces de gros calibre et une grande quantité de munitions. Arrivé à Alkmaër devant la flotte hollandaise du Helder, quelques bâtiments anglais qu’y retenaient des glaçons, il exécuta le projet hardi de s’emparer de cette flotte, composée de 14 vaisseaux de guerre et de plusieurs bâtiments marchands ; pendant la nuit, à la tête d’un escadron de hussards, détaché du 5e régiment, il partit après avoir fait monter des tirailleurs en croupe des cavaliers. Au point du jour l’escadron chargea avec intrépidité sur la glace, et les tirailleurs s’élancèrent à l’abordage. Les équipages surpris par cet assaut bizarre et inattendu n’essaient pas de résister, et la flotte entière se rend à des hussards. On trouva au Helder une grande quantité de marchandises et plusieurs ballots d’assignats, sans doute faux, que les Anglais y avaient jetés. Tout fut fidèlement inventorié et scellé. Ces soldats pauvres, qu’on ne payait qu’en assignats sans valeur, ne songèrent pas même à demander leur part de prise. On ne se battait que pour la gloire. A cette époque, toutes les vertus s’étaient réfugiées aux armées. En 1796, M. Lahure suivit Bernadotte en Italie comme chef de la 15° demi-brigade, et assista au passage du Tagliamento. A Gradisca (passage de l’Isongo), le colonel Lahure entra le premier, dans un fort défendu par 8.000 Autrichiens, et fut remarqué et mentionné par le général Bonaparte. A Civita-Castellana, Mack attaqua avec toutes ses forces la division Macdonald qui ne comptait pas 7.000 hommes. La demi-brigade Lahure occupait les avant-postes sur trois points différents ; attaquée par des forces redoutables, elle soutint le choc, et les mit dans une déroute complète, en s’emparant de plusieurs pièces de canon et de tous les équipages. Le Directoire écrivit à Lahure une lettre de félicitation et lui décerna un sabre d’honneur.


Il assista à la bataille de la Trébia, y fut grièvement blessé, et nommé général de brigade sur le champ de bataille ; mais, transporté à Plaisance, il resta prisonnier. Sa convalescence fut longue, il resta estropié et ne prit que peu de part aux guerres de l’Empire. Appelé en 1801 au Corps législatif, il fut, depuis, constamment réélu. Le 14 juin 1804 il fut nommé commandeur de la Légion-d’Honneur. Appelé au commandement du département du Nord, il contribua à repousser les Anglais de Flessingue. En 1813 il fut créé baron de l’Empire avec une dotation qu’il ne toucha jamais. En 1814, au moment de l’invasion, on lui offrit un million et le titre de duc s’il voulait livrer une des places fortes du Nord aux Bourbons ; le général Lahure se contenta de prévenir le ministre de la police générale. Après la Restauration, il demanda et obtint des lettres de naturalisation. Il reçut aussi la croix de Saint-Louis. Pendant les Cent-Jours, il conserva son commandement. A la seconde rentrée de Louis XVIII, il brisa son épée en jurant de ne jamais la reprendre. Le général Bourmont lui offrit un commandement qu’il refusa. En 1818 il fut mis à la retraite de maréchal de camp avec le grade de lieutenant-général, il ne s’occupa plus alors que de la culture des betteraves. En juillet 1830, il reprit momentanément le commandement du département du Nord. On vint lui offrir le commandement en chef des troupes belges au moment de la Révolution, il refusa. Le 10 mars 1831 il a été créé grand officier de la Légion d’Honneur. Le général Lahure a trois fils qui servirent avec distinction dans l’armée française.

 

Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850, C. Mullié

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