Histoire, Napoléon
Après leur victoire sur Napoléon, La France, l'Autriche, la Prusse et l'Angleterre se réunissent à Vienne afin de statuer sur le nouvel équilibre européen. Un nouvel ordre européen doit être établi pour perpétuer la paix retrouvée, tout en tenant compte des bouleversements territoriaux liés à la révolution française. A Vienne, se trouvent donc réunis, dans les derniers mois de 1814, le gotha des alliés: souverains, princes, hommes d'État, diplomates, courtisans, de toute sorte. Metternich, le grand maître des cérémonies, occupe toute cette foule par une série de fêtes (concerts, bals, réceptions, opéras, revues militaires), d'où le mot fameux du prince de Ligne : « Le congrès ne marche pas, il danse. » Les quatre grandes puissances victorieuses (Autriche, Grande-Bretagne, Prusse, Russie) entendent bien régler, entre elles, les principales questions. Dans ce but, leurs ministres tiennent des réunions préliminaires à la fin de septembre, bien avant l'ouverture officielle du Congrès le 1er novembre 1814. Mais lorsque le diable boiteux Talleyrand, représentant de Louis XVIII, arrive à Vienne le 24 septembre, et entre en scène, les rivalités entre vainqueurs voient le jour. L'habile Talleyrand, il faut bien le reconnaître, exploite habilement ses dissensions au sujet des attributions territoriales et des zones d'influence ; S'élevant contre la « dictature » des quatre alliés, il se fait soutenir par l'Espagne et les autres puissances restées à l'écart. La direction du Congrès est finalement assumée par un comité des huit signataires du traité de Paris du 30 mai 1814, comprenant, en plus des quatre grands, la France, l'Espagne, le Portugal et la Suède. Toutefois, les décisions principales continuent à être prises au cours de conférences privées des représentants des Quatre, auxquelles Talleyrand est finalement admis. Les accords, à mesure qu'ils sont obtenus, sont insérés dans des traités signés par les seules parties concernées. Tous ces règlements sont résumés dans un Acte final signé le 9 juin 1815 par les Huit. Le principal conflit porta sur la Pologne, que le tsar souhaitait rétablir sous forme d'un royaume autonome dont il aurait été le souverain, la Prusse recevant, en compensation des territoires polonais rétrocédés par elle à la Russie, la Saxe, dont le roi deviendrait souverain en Rhénanie. Mais ce projet fut fortement combattu par l'Autriche et la Grande-Bretagne. La controverse devint si forte que la Prusse, soutenue par la Russie, menaça de recourir aux armes. Ce à quoi Castlereagh, le plénipotentiaire anglais, opposa un traité secret d'alliance Grande-Bretagne - Autriche - France signé le 3 janvier 1815. Talleyrand pouvait se vanter d'avoir semé la zizanie sur le front des Alliés. Un compromis fut enfin trouvé : la Prusse conservait une partie de ses anciens territoires polonais (Posnanie), prenait seulement une partie de la Saxe et recevait les territoires rhénans, destinés à l'indemnisation du souverain de Saxe. Ainsi, la Prusse devenait-elle la gardienne sur le Rhin contre toute tentative de la France de reprendre ces provinces qu'elle avait occupées depuis vingt ans: seul résultat tangible et durable des habiles manœuvres de Talleyrand...