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Histoire, Napoléon

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1er juin 1879. Sous l'uniforme anglais, le fils de Napoléon III se fait massacrer par des Zoulous

Sous l'uniforme anglais, le fiston de Napoléon III se fait massacrer par des Zoulous

1er juin 1879. Sous l'uniforme anglais, le fiston de Napoléon III se fait massacrer par des Zoulous.

Quand on porte le nom de Bonaparte, quand on vit pépère en exil à Londres, et qu'aucune guerre européenne ne menace, n'est-ce pas légèrement idiot de risquer sa vie contre des Zoulous en Afrique australe ? Louis-Napoléon, fils de Napoléon III et d'Eugénie, veut, dit-il, montrer que le sang du grand Napoléon Ier coule dans ses veines. Bravo, mon gars, l'intention est bonne, sauf qu'il ne fallait pas se faire tuer le 1er juin 1879 par des guerriers zoulous. Surtout en portant l'uniforme britannique. As-tu pensé à ton tonton dont les Anglais étaient l'ennemi juré ? Pour comprendre le mal que tu lui fais, imagine Hollande apprenant que son fils Thomas se présente sous l'étiquette UMP aux prochaines législatives...

À 14 ans, en 1870, son bravache de père le fait suivre à Metz pour combattre les Prussiens. L'odeur de la poudre monte alors à la tête du jeune homme. C'est tellement plus excitant que la Gameboy. Surtout, il est fier de "combattre" aux côtés de son père, même si celui-ci se fait ramasser comme un débutant. La vaillance de son oncle le grand Napoléon coule dans ses veines. Après la défaite de Sedan, l'empereur, sa femme et le p'tit prince sont venus à Londres pour serrer la pince du prince de Galles. Le p'tit Louis poursuit ses études, puis fréquente l'académie militaire de Woolwich. C'est alors que l'Angleterre fait face à une révolte zoulou en Afrique australe.

Louis, 23 ans, décide d'accompagner ses camarades de promotion sur le champ de bataille, bien que français. "Lorsqu'on appartient à une race de soldat, ce n'est que par le fer qu'on se fait connaître." Dans son cercueil, son père mort depuis six ans se met au garde-à-vous. En revanche, sa mère, bien vivante, le supplie de renoncer à son dessein. Il lui répond : "Quand j'aurai fait voir que je sais exposer ma vie pour un pays qui n'est pas le mien, on ne doutera plus que je sache la risquer mieux encore pour ma patrie." Mais c'est la réincarnation de son oncle, ce gosse-là ! Louis-Napoléon obtient l'aval de la reine Victoria pour combattre sous l'uniforme britannique et le voilà qui embarque en février 1879 à bord d'un navire appareillant pour Le Cap. De là, il rejoint le Natal où il intégre une unité d'éclaireurs.

La "cause impériale"

Le 1er juin 1879, il part avec quelques hommes en patrouille de reconnaissance dans le veld. Au bout de quelques heures, ils mettent pied à terre près d'une rivière afin de prendre du repos et de faire boire les chevaux. Personne n'a vu les guerriers zoulous embusqués dans les hautes herbes qui surgissent en tirant des coups de feu. Deux soldats britanniques s'écroulent, tués sur le coup. Les autres sautent à cheval pour s'enfuir. Louis les imite, mais lorsqu'il saute en selle, la sangle rompt. P'tit Louis est à terre. Il faut dire qu'il utilise la vieille selle que son père utilisait lors de la bataille de Sedan. Une touchante attention qui lui vaut la mort. Le jeune soldat chute violemment à terre où il se fait piétiner le bras droit par son cheval qui s'enfuit avec son sabre. Face à une meute de Zoulous déchaînés, n'ayant qu'un pistolet pour se défendre, Louis Napoléon va maintenant devoir prouver sa valeur. N'ayant que sa main gauche de valide, il ne peut pas vraiment faire usage de son arme. Le jeune homme fait pourtant face à ses adversaires avec courage. Dix-sept coups de lance l'arrachent à la vie.

Les guerriers zoulous se précipitent pour éviscérer et mutiler les deux soldats britanniques tombés sous leurs balles, mais respectent Louis, considérant qu'il s'est battu comme un lion. Ils se bornent à prendre ses vêtements et ses armes, lui laissant une chaîne en or comportant deux médailles, qu'ils prennent pour des amulettes. Quelques semaines plus tard, les Zoulous sont faits prisonniers et peuvent témoigner du courage du jeune prince. Le digne sang de son grand-oncle coulait bien dans ses veines, mais à quoi bon l'avoir prouvé si ce sang est maintenant répandu en terre étrangère ? À l'annonce de la mort du jeune prince, l'émotion est vive en France. Eugénie fait rapatrier le corps de son fils pour le faire inhumer à l'abbaye Saint-Michel de Farnborough, dans le sud de l'Angleterre. Le p'tit prince a laissé un testament beau comme l'Antique : "Je n'ai pas besoin de recommander à ma mère de ne rien négliger pour défendre la mémoire de mon grand-oncle et de mon père. Je la prie de se souvenir que tant qu'il y aura des Bonaparte, la cause impériale aura des représentants."

 

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