Histoire, Napoléon
Les députés modérés de la Convention avaient éliminé, au cours du 9 thermidor, Robespierre et les jacobins enragés. Cette réaction « thermidorienne » qui faisait suite à la terreur devait instaurer un nouveau régime, le Directoire, et une nouvelle constitution. Cette nouvelle Constitution prévoyait deux assemblées: les Cinq Cents et les Anciens. Afin d'assurer une majorité républicaine et d'empêcher une restauration de la monarchie, les constituants décidèrent, par décret, que ces deux assemblées devaient inclure au minimum deux tiers d'anciens députés de la Convention. Le «décret des deux tiers» est approuvé en septembre 1795, avec la Constitution de l'An III, mais les royalistes s'insurgent.
Le 4 octobre 1795, les insurgés projettent d'encercler le palais des Tuileries, siège de l'assemblée de la Convention et du gouvernement.
Barras, le commandant en chef de l'armée de l'intérieur, est chargé de leur répression. Le 5 octobre, à 5 heures du matin, il convoque le Général Bonaparte qu'il avait remarqué au siège de Toulon et élevé au grade de général. Il lui demande d'agir sans attendre. Bonaparte déclare à Barras : «Général, j'accepte. Mais je vous préviens que l'épée hors du fourreau, je ne l'y remettrai qu'après avoir rétabli l'ordre». Ayant fait amener par Murat, alors chef d'escadron, des canons de la plaine des Sablons aux Tuileries, il les fait placer aux extrémités de toutes les rues qui conduisent à la Convention et fait mitrailler les insurgés royalistes sur les marches de l'église Saint Roch. On évalue à près de trois cents le nombre des victimes. Bonaparte devient le «général Vendémiaire», commandant en chef de l'armée de l'intérieur en remplacement de Barras qui fait son entrée au Directoire....L'église Saint-Roch à Paris a conservé jusqu'à la restauration de sa façade au début des années 2000, les traces du mitraillage du 5 octobre 1795.