Histoire, Napoléon
À la demande de Madame Mère et du cardinal Fesch, Antommarchi devint médecin de l'empereur en exil jusqu'à la mort de ce dernier.
Il soigna l’Empereur de septembre 1819 à sa mort, en mai 1821.
Il a rédigé au jour le jour ces "Derniers moments de Napoléon" révélant, entre deux bulletins de santé, ses pensées ultimes et ses derniers jugements publiés deux ans après la mort de Napoléon.
Antommarchi ne fut pas à la hauteur des attentes de l'Empereur qui ne faisait pas confiance à ses qualités de médecin, le trouvant en outre sans manière et grossier.
Extrait de ses mémoires:
"...11 heures A. M. - Borborygmes. - Météorisme abdominal. - Refroidissement glacial des extrémités inférieures et bientôt de tout le corps. - Œil fixe. - Lèvres fermées et contractées. - Forte agitation des ailes du nez. - Adynamie la plus complète. - Pouls extrêmement faible, intermittent et variant de cent deux à cent huit, cent dix et cent douze pulsations par minute. - Respiration lente, intermittente et stercoreuse. - Tiraillements spasmodiques arqués de l'épigastre et de l'estomac, profonds soupirs, cris lamentables; mouvements convulsifs qui se terminent par un bruyant et sinistre sanglot. Je place un vésicatoire sur la poitrine, deux sur les cuisses, et j'applique deux larges sinapismes à la plante des pieds. Je fais des fomentations sur le milieu de l'abdomen avec une bouteille remplie d'eau chaude; je lui rafraîchis continuellement les lèvres et la bouche avec de l'eau commune mêlée d'eau de fleur d'orange et de sucre, mais le passage est spasmodiquement fermé, rien n'est avalé : tout est vain. La respiration intermittente est accompagnée d'une grande agitation des muscles abdominaux. - Les paupières restent fixes, les yeux se meuvent, se renversent sous les paupières supérieures, le pouls tombe. Il est six heures moins onze minutes, Napoléon n'est plus: ainsi passe la gloire"
Les derniers moments de Napoléon, Docteur François Antommarchi - Buchet/Chastel - 1975