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25 décembre 2013 3 25 /12 /décembre /2013 00:00

Bonaparte entre à l'Institut

Extrait de l'article de Nicole DHOMBRES , Revue du Souvenir Napoléonien Numéro 340 (disponible sur le site de la Fondation Napoléon à l'adresse suivante: 

 

http://www.napoleon.org/fr/salle_lecture/articles/files/@Napoleon_scientifiques_1_1779-1798.asp#ancre6)

 

"...Il y réussit, le 25 décembre 1797, par l'intermédiaire de deux scientifiques dont il s'est assuré en Italie la compétence pratique et l'amitié : le mathématicien Gaspard Monge et le chimiste Claude Berthollet.

C'est fin octobre 1797 que Monge revient à Paris. Aussitôt rendu à l'Institut, il met ses confrères au courant des désirs de Bonaparte de se retrouver à l'Institut. Parallèlement, Bonaparte fait lire par le chimiste Fourcroy, le 1er novembre 1797, à la séance ordinaire de la classe des sciences physiques et mathématiques, la lettre qu'il envoyait au Directoire le 18 août 1797, en sus des clauses du traité de Campo Formio. Certains passages de cette lettre sont importants, qui soulignent le lien entre les Sciences et l'Etat :

" Citoyens Directeurs, le général Berthier et le citoyen Monge vous portent le traité de paix définitif qui vient d'être signé entre l'Empereur et nous...

Le général Berthier, dont les talents distingués égalent le courage et le patriotisme, est une des colonnes de la République, comme un des plus zélés défenseurs de la liberté...

Le citoyen Monge, un des membres de la commission des Sciences et des Arts, est célèbre par ses connaissances et son patriotisme. Il a fait estimer les Français par sa conduite en Italie ; il a acquis une part des sciences qui nous ont révélé tant de secrets, détruit tant de préjugés, sont appelées à nous rendre de plus grands services encore. De nouvelles vérités, de nouvelles découvertes nous révèleront des secrets plus essentiels encore au bonheur des hommes, mais il faut que nous aimions les savants et que nous protégions les sciences.

Accueillez, je vous prie, avec une égale distinction, le général distingué et le savant physicien. Tous les deux illustrent la patrie et rendent célèbre le nom français. Il m'est impossible de vous envoyer le traité de paix définitif par deux hommes plus distingués dans un genre différent ".

 

Bonaparte est donc élu dans la deuxième section de la première classe de l'Institut National, au siège laissé vacant par L. Carnot, exilé en Suisse.

Voici la liste par sections (10 en tout) des membres de la première classe de l'Institut National lors de l'élection de Bonaparte. Un astérisque indique les membres absents le jour du vote.

Section I, Mathématiques - Lagrange, Laplace, Borda, Bossut, Legendre, Delambre. Aucun absent pour cette classe.

Section II, Arts Mécaniques - Monge, Berthoud, Le Roy Prony, J.L. Périer.

Section III, Astronomie - Bory, Lalande*, Méchain* Le Monnier*, Jeaurat, Messier.

Section IV, Physique expérimentale - Rochon*, Charles Coulomb, Cousin, Lefèvre-Gineau, Brisson.

Section V, Chimie - Berthollet*, Bayen, Guyton de Morveau.

Section VI, Histoire naturelle et minéralogie - Darcet, Haüy, Dolomieu*, Duhamel*, Desmarets, Lelièvre.

Section VII, Botanique et physique végétale - Lamarck, Desfontaines, Adason, Ventenat, Jussieu, Lheritier.

Section VIII, Anatomie et Zoologie - Daubenton*, Tenon, Sabatier, Hallé, Pelletan, Lassus.

Section X, Economie rurale et Art vétérinaire - Gilbert, Cels, Thouin, Tessier, Huzard, Parmentier.

Le résultat du scrutin du 25 décembre 1797, auquel on a procédé durant une séance générale de l'Institut, donne :

305 votes au citoyen Bonaparte,

166 votes au citoyen Dillon,

123 votes au citoyen Montalembert.

 

Les candidats battus avaient pourtant des titres de candidature très sérieux : l'ingénieur en chef des Ponts-et-Chaussées Dillon était l'auteur d'importants Mémoires sur les constructions hydrauliques et avait construit le premier pont en fer construit en France (le fameux Pont des Arts) ; quant à l'auteur de l'ouvrage controversé de la Fortification perpendiculaire, Montalembert, il avait quatre-vingt-quatre ans en 1797 et méritait bien la consécration de l'Institut pour cet ouvrage imposant: onze volumes in-4deg. accompagnés de nombreuses planches, dont la publication s'était échelonnée sur vingt ans (1776-1796).

 

Sur le plan de la propagande, Bonaparte tire rapidement les avantages de cette élection. Le Moniteur du 19 nivôse an VI (9 janvier 1798) rend ainsi compte de la première séance publique de l'Institut après l'élection de Bonaparte.

Institut national : séance publique du 15 nivôse.

" Quoique les séances publiques de l'Institut soient ordinairement intéressantes, celle-ci a présenté au public un nouveau degré d'intérêt par la présence du général Bonaparte, qui a été admis dans cette société savante le 5 de ce mois. Cet homme extraordinaire, dont le citoyen Garat a si bien dit, dans la même séance, que a c'était un philosophe qui avait paru un moment à la tête des armées ", fit cette réponse, en Italie, à des généraux qui lui demandaient quel serait l'aliment de son âme active, lorsque la paix l'aurait rendu à ses foyers... " Je m'enfoncerai dans une retraite, et j'y travaillerai à mériter un jour l'honneur d'être de l'Institut ". Il est arrivé à la séance sans faste. y a assisté avec modestie, a reçu avec désintéressement les éloges que lui ont prodigués les lecteurs et les spectateurs, et s'est retiré incognito. Ah ! que cet homme connaît bien le coeur humain, et en particulier les gouvernements populaires. L'homme de mérite y est forcé d'acheter à force de modestie et de simplicité, une grâce que les ignorants et les hommes vulgaires lui accordent difficilement partout, mais plus rarement encore dans les républiques ".

Donnant, donnant : Bonaparte entre à l'Institut, sans grand mérite scientifique, nous allons le préciser, mais les scientifiques doivent dorénavant s'impliquer davantage dans les affaires de l'Etat. La fin du récit du Moniteur ne laisse aucun doute là-dessus:

" L'à-propos des applaudissements a fait sentir aux lecteurs combien était sage la démarche de l'Institut qui venait d'assigner des places dans ses séances publiques aux professeurs de Ecoles Centrales, des Ecoles de Santé, Polytechnique, etc... En rapprochant d'eux leurs successeurs, les membres de l'Institut se sont assurés d'un choix d'auditeurs éclairés. On a senti cette absence dans les séances précédentes, et en particulier dans celle qui a précédé immédiatement le 18 fructidor, où les applications, les vues patriotiques n'ont été accueillies que par un froid silence. Mais à la séance dont nous rendons compte, la patrie n'a pas perdu un voeu, un soupir. Tout a germé à la satisfaction des amis de la République ".

 

 

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Published by Napoleon Ier - dans Calendrier
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