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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 00:00

Au lendemain de la bataille que se passa-t-il ?

 

 

·         De 4 à 6 h du matin, l'Empereur reçoit, à la maison de poste de Posoritz, le prince Jean de Liechtenstein, qui vient solliciter un armistice[1]. Il lui dit : « …Vous me faites faire une grande faute, ce n’est pas après les batailles qu’il faut avoir des conférences. Je ne devrais être que soldat aujourd’hui, et je ne dissimule pas que, comme tel, je ne devrais que poursuivre une victoire et non pas écouter des paroles de paix… ». Le général autrichien lui répliqua : « …Votre Majesté n’a plus rien à conquérir. La bataille est si complète qu’Elle ne peut rien y ajouter. La paix seule peut ajouter à sa gloire… » Savary, dans ses « Mémoires du duc de Rovigo pour servir à l’histoire de l’Empereur Napoléon » T I, Ed. Garnier frères – Paris – 1900,  place inexactement cet entretien au château d’Austerlitz.

 

·         Puis, il écrit à Murat l’ordre de poursuivre l’ennemi (Corresp 9536).

 

·         Il écrit à Joséphine : « …Je t’ai expédié Lebrun[2] du champ de bataille. J’ai battu l’armée russe et autrichienne commandé par les deux empereurs. Je me suis un peu fatigué, j’ai bivouaqué huit jours en plein air, par des nuits assez fraîches. Je couche ce soir dans le château du prince Kaunitz, où je vais dormir deux ou trois heures. L’armée russe est non seulement battue, mais détruite. Je t’embrasse… » (Lettres)

 

·         Lannes dès 8 h du matin, a ordre de suivre la cavalerie de Murat qui pourchasse l’ennemi, et il se porte sur Stanitz pour gagner le flanc droit de l’ennemi. (Ronald Zins « Le maréchal Lannes » - Ed Horace Cardon – 2009 – p. 204)

 

·         Dans la matinée, il parcourt le champ de bataille à cheval, de part et d’autre de la route d’Olmütz. Puis, il monte en berline et va s’établir au château d’Austerlitz, ancien château des princes de Kaunitz. Il se rend dans les chambres que venait d’occuper le tsar. C’est là qu’il rédigera sa célèbre proclamation à ses troupes : « …Soldats, je suis content de vous. Vous avez, à la journée d’Austerlitz, justifié tout ce que j’attendais de votre intrépidité ; vous avec décoré vos aigles d’une immortelle gloire. Une armée de 100 000 hommes, commandée par les empereurs de Russie et d’Autriche, a été, en moins de 4 h, ou coupée ou dispersée. Ce qui a échappé à votre fer s’est noyé dans les lacs…Cette infanterie tant vantée, et en nombre supérieur, n’a pu résister au choc, et désormais, vous n’avez plus de rivaux à redouter…et il vous suffira de dire – j’étais à la bataille d’Austerlitz – pour que l’on vous réponde – voilà un brave… » (Corresp 9537).

 

·         Il écrit à Joseph : « …Quoique j’ai bivouaqué ces huit derniers jours en plein air, ma santé est cependant bonne. Ce soir je suis couché dans un lit, dans le beau château de M. de Kaunitz, à Austerlitz, et j’ai changé de chemise, ce qui ne m’était pas arrivé depuis huit jours… » (Corresp 9538).

 

·         Il écrit aux évêques de faire chanter un Te Deum pour remercier Dieu de sa protection (Corresp 9539).

 

·         Il écrit à Talleyrand : « …Je ne puis vous écrire que deux mots : une armée de 100 000 hommes, commandée par les deux empereurs, est entièrement détruite. Tout protocole est inutile. Les négociations deviennent nulles, puisqu’il est évident qu’elles étaient une ruse de guerre pour m’endormir. Le général Gyulai a écrit au prince Charles qu’il y aurait bataille ; il fait alors le métier d’espion. Dites à M. de Stadion que je n’ai pas été la dupe de leur ruse ; que c’est pour cela que je les ai renvoyés de Brünn ; que, la bataille étant perdue, les conditions ne peuvent plus être les mêmes… » (Corresp 9540).

 

·         Il dicte le 30ème bulletin de la Grande armée, où il explique le déroulement de la bataille ; il le conclut ainsi : «…Jamais champ de bataille ne fut plus horrible.  Du milieu des lacs immenses on entend encore les cris des milliers d’hommes qu’on ne peut secourir. Il faudra trois jours pour que tous les blessés ennemis soient évacués sur Brünn ; le cœur saigne. Puisse tant de sang versé, puissent tant de malheurs retomber enfin sur les perfides insulaires qui en sont la cause. Puissent les lâches oligarques de Londres porter la peine de tant de maux… » (Corresp 9541 paru dans « le Moniteur » du 16.12).

 

·         Il a mal aux yeux[3] et se les soigne avec des lotions chaudes d’eau de rose étendue d’eau pur. Il passe la nuit dans une pièce du rez-de-chaussée du château.

 

·         Friant écrit à Davout, son compte rendu de la bataille : « …J’ai l’honneur de vous adresser quelques détails sur la part que les troupes à mes ordres ont eue au succès d : la glorieuse journée d’hier…En conséquence de vos ordres, la division avait été divisée en trois brigades : la première, composée du 108e régiment et des voltigeurs du 15e, était aux ordres du général Heudelet ; la seconde, composée du 48e et du 111e, était aux ordres du général Lochet ; le général Kister commandait le 15e et le 33e de ligne ; dans cet ordre, elle marchait par échelons se dirigeant sur Telnitz, lorsque, arrivée à la hauteur de Rebeschowitz, il lui fut ordonné de se porter sur Sokolnitz, dans le même ordre de marche qui avait été disposé. La brigade du général Heudelet força alors le pas ; elle joignit Sokolnitz, qu’elle trouva occupé par l’ennemi ; bientôt, elle battit la charge, se précipita dans le village en faisant un carnage affreux de tout ce qui se trouva devant elle ; l’ennemi, très en force, soutint la charge. On continua de part et d’autre de combattre avec beaucoup d’acharnement ; mais comme le général Heudelet commençait à s’établir dans les premières maisons, une décharge qu’un régiment de la division du général Legrand fit malheureusement sur ses troupes, qu’il prit pour l’ennemi, le força à se jeter dans le petit bois qui se trouve à la gauche du village, après avoir longtemps soutenu le feu et les efforts d’un corps de 5 000 à 6 000 Russes, et leur avoir pris deux drapeaux, et pris et repris plusieurs pièces de canon ou caissons. L’ennemi, toutefois, s’était déjà rendu maître des hauteurs en arrière de Sokolnitz, lorsque la brigade du général Lochet arrive au pas de charge ; le 48e marche à lui, l’attaque à la baïonnette, le culbute et parvient à s’emparer des premières maisons de l’extrême droite du village…Le 111e régiment, qui était resté en bataille à quelque distance en arrière, se porte aussitôt en avant ; il charge avec vigueur un gros amas de gens s’avançant sans ordre, sans chefs, et jetant des clameurs horribles ; il les repousse, puis il attaque un corps nombreux qui marchait pour couper les communications de la brigade Lochet avec celle du général Kister qui arrivait et se déployait sur la gauche. Les 15e et 33e, à peine arrivés et déployés, marchent à l’ennemi ; rien ne résiste à leur vigoureuse attaque ; le 15e se dirige sur le pont, en chasse un corps dix fois plus nombreux que lui, pénètre dans Sokolnitz pêle-mêle avec les Russes en immolant à la baïonnette tout ce qui prétend s’opposer à lui. Cependant l’ennemi recevait à chaque instant de nombreux renforts de sa droite ; il parvient encore à réunir ses troupes éparses et battues, il les ramène au combat du village, dans la plaine et sur les hauteurs ; deux fois de suite elles y sont repoussées, deux fois il les ramène à la charge et parvient à nous obliger nous-mêmes à un mouvement rétrograde. Le 15e avait été obligé de se retirer jusque sur les hauteurs qui étaient précédemment à sa gauche ; le 33e, qui se trouve par ce mouvement découvert et débordé sur son flanc, doit faire également un mouvement rétrograde. Le 15e avait été obligé de se retirer jusque sur les hauteurs qui étaient précédemment à sa gauche ; le 33e, qui se trouve par ce mouvement découvert et débordé sur son flanc, doit faire également un mouvement rétrograde. Je crus qu’il fallait alors frapper un coup décisif. Je ralliai le 15e et le fis marcher de nouveau en avant. Je ralliai ensuite le 33e, lui fis faire un changement de front et l’élevai sur le flanc gauche de l’ennemi ; de là il marcha aux Russes avec fureur, la baïonnette croisée, les renversant et en faisant un carnage affreux. De toutes parts on battit la charge. L’ennemi, pour cette fois, est mis en déroute sans retour et sans qu’il lui soit donné un seul moment de reprise. Il se sauve dans le plus grand désordre du côté du lac. Le village, les hauteurs sont emportés. Bientôt nous sommes maîtres du champ de bataille. Vingt pièces ou obusiers tombent en notre pouvoir avec un grand nombre de prisonniers. L’ennemi, en se retirant, abandonne ses bagages, jette son butin et ses armes pour se sauver avec plus de vitesse. La terre demeure jonchée de morts et de blessés, qui sont abandonnés à la merci de nos braves troupes... » (« Opérations du 3e corps – 1806-1807 » rapport du maréchal Davout, duc d’Auerstaedt. Paris – Calmann Lévy – 1896 – p. 213 à 215). 

 

C.F

[1]  Voir tableau de Carle Vernet au château de Grobois.

[2]   Le colonel.

[3]   Il ne guérira que le 10.

 

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Published by Napoleon Ier - dans Batailles
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